(In-)hospitalité des lieux ?

Séminaire

Dans ce séminaire, nous proposons d’interroger nos sociétés contemporaines en explorant un lieu précis. Après avoir choisi un site, l’étudiant·e est mené·e à en observer les pratiques/usages et à l’interroger sous l’angle de son potentiel d’accueil ou de dissuasion. Les notions d’espaces publics, de seuil, de limite, de passage, d’entre-deux sont au cœur des échanges ainsi qu’une réflexion sur la manière de (d)écrire les milieux observés.

Analyser les pratiques dans l’espace et les usages de l’espace permettent de comprendre ce qui fait société à l’heure des mobilités accélérées. Comment rendre habitable la mondialisation ?, se demande Bruno Latour. Comment les êtres humains font liens ou non entre eux et avec leurs milieux ?

Cet enseignement est conduit par une équipe pluridisciplinaire qui intègre une approche architecturale, urbanistique et ethnographique, visant ainsi à croiser les regards sur les sujets abordés par les étudiantes et les étudiants. Il se veut la continuité du séminaire Vivre ensemble.

Mémoires du séminaire

2021-2022

 

« La vie d’une personne est la somme de ses traces, de toutes les inscriptions de ses mouvements, quelque chose qu’on peut retracer sur le sol. » (Roy Wagner cité par Ingold, 2012 :106)

Ce semestre s’est initié avec une exploration collective du Parc Longchamp. Une mise à l’œuvre de protocoles photographiques et de démarches en marche qui ont fortement influencé les travaux des étudiant·e·s. Bon nombre parmi elles et eux ont exploré des méthodes en mouvement ou une recherche en acte (plus qu’une « recherche-action ») pour mener à bien leurs réflexions.
Les lignes d’erre de Ferdinand Deligny n’étaient parfois pas bien loin. De la Castellane ou de la piscine de Luminy à Marseille, à Eyragues et autour de l’étang de Berre, un peu plus loin en Provence, de l’Aveyron jusqu’en Italie (à Venise et à Florence) et en Belgique (à Bruxelles), les déplacements ont été non seulement spatiaux mais également temporels voire initiatiques.


De cabanes en cours de récréation, de centre-ville d’un petit bourg ou de plus grandes agglomérations, ou encore depuis des espaces excentrés, le pas-à-pas des étudiant·e·s nous offre des travaux qui explorent de riches réflexions autour de l’engagement de l’architecte, analysent les jeux d’acteurs dans la fabrique de l’urbain, interrogent les notions de confort et d’inconfort des aménagements existants ou encore prennent la mesure de l’importance de confronter les mémoires pour saisir les lieux.


L’équipe enseignante de cette quatrième édition a été drastiquement réduite et s’est composée de Matthieu Duperrex, Nadja Monnet et Julia Rostagni avec comme personnalité invitée Francisco Cruces de l’Université nationale d’enseignement à distance (UNED) de Madrid qui nous a permis une plongée dans son projet de recherche sur les intimités métropolitaines de Madrid, Caracas et Mexico.

BIDAULT Céleste

Confort urbain et mobilités douces dans le centre-ville de Florence (Italie)


Dans le cadre d’une approche par les pratiques et les usages d’un milieu urbain sous l’angle de son potentiel d’accueil ou de dissuasion, cette recherche interroge la notion de confort urbain à travers les mobilités douces utilisées dans le centre-ville de Florence. Le but est d’identifier les situations de confort et d’inconfort dans ce cadre-là. Mais, de quelle définition de confort parlons-nous ? Admettre que le confort est à caractère multidimensionnel, implique l’existence d’un ailleurs (Dreyfus cité par Andrade-Charvet, 2013), d’un confort autre que celui de la technique, d’un confort subjectif. Afin de saisir cette double dimension du confort, dans la pratique de mobilités douces, une approche du confort par les pratiques des lieux semblait pertinente. La mise en place du parcours commenté, comme méthodologie d’enquête, a permis de révéler les facteurs d’influence sur le confort ou l’inconfort du trajet, et, plus largement, les qualités et les défauts de l’espace public florentin, à travers les pratiques de quatre de ses habitantes.

Espaces viaires / Espaces publics / Mobilités douces / Confort urbain

DEVILLE Louna

La ville et ses vies passées. Eyragues avant et maintenant, racontée par ses habitants


Cet article développe une approche immersive auprès de la quotidienneté habitante d’une petite ville rurale et périurbaine du sud de la France, nommée Eyragues. L’intérêt majeur de la démarche est de donner la parole aux habitants de la ville d’étude afin de révéler le rapport et les relations qu’ils entretiennent avec leur ville de résidence. C’est par le biais d’une méthode sociologique en mouvement, fondée sur les itinéraires, que j’ai recueilli trois témoignages subjectifs qui ont alimenté l’analyse théorique de cette recherche. Dans un premier temps, il est question d’interprétation de ces parcours personnels au travers la ville, par une nécessité de les imbriquer, les comparer, les confronter afin d’en faire ressortir des lieux d’émergence de souvenirs communs. Sont-ils révélateurs de l’identité de la ville ? Dans un second temps, je propose de voir la ville comme le théâtre de la mémoire des individus, au sein de laquelle perdurent les traces d’un passé qui va être réinvesti et raconté par les guides. En quoi la mémoire intervient dans le processus de l’entretien en mouvement et comment, d’une certaine manière, elle est révélatrice d’une mémoire collective partagée par ses habitants ? Cependant, ces témoignages démontrent des disparités d’une personne à une autre, qui sont l’œuvre de différents facteurs qui influencent l’expérience que l’on a d’un lieu. Il sera intéressant de les étudier pour expliquer la coexistence d’une diversité de vécu au sein d’un même lieu.

Eyragues / Itinéraires / Habitants / Récits de vie / Mémoire collective / Nostalgie

FERDANI Romain

Bruxelles et l’emprise de l’Union européenne sur la ville. Comment se traduit urbanistiquement la globalisation et la présence d’une institution internationale en milieu urbain


Cet article s’intéresse à la présence d’une administration supra-nationale sur le territoire de Bruxelles et à l’impact d’une tendance néolibérale dans la construction de l’urbain. Il a pour objectif de questionner les méthodes de planifications urbaines facilitant la finance et la progression du capital dans les villes européennes en analysant concrètement quels objets ou architectures émergent dans la ville afin de faciliter ce que David Harvey appelle la ville de l’entreprenariat. Bruxelles est particulièrement touchée par la doctrine néolibérale car elle en contient tous les symptômes : un État utilisé par les acteurs du capital comme instrument de leur développement ; un renouvellement urbain anarchique délégué par le pouvoir public au privé tel un nouvel opérateur immobilier ; une puissance supra-nationale rassemblant son cœur administratif dans la ville. De façon plus globale, il s’agit de savoir comment les villes ont muté, comment elles se sont transformées et comment les citadins vivent cette expérience nouvelle.

Bruxellisation / Néolibéralisme / Renouvellement urbain / Financiarisation / Ville globale / Lobbies

FREYERMUTH Nils

Attentions à la marche! Pratiques de la marche à pied comme expérience sensible de perception, de création et d’édification


À partir du récit de mon errance à Venise, se déroule un fil de réflexions sur l’importance de la marche à pied dans l’expérience du quotidien et de la ville. Des artistes ont su décliner leurs pratiques en des démarches collectives d’appropriation du réel et des délaissés, riches d’imaginaires. Questionnant l’importance des traces physiques et virtuelles dans le processus transcalaire de cheminements, la marche constitue un acte de création à part entière chez les artistes conceptuels et du land art, ou le préalable d’autres projets lorsque son expérience est restituée. En ce sens, des techniques de représentation propres à l’arpentage ont émergé et peuvent servir la conception d’une architecture « hodologique », des cheminements. Les attentions à la marche peuvent ainsi requestionner la situation et la « permanence » de l’architecture, pour révéler des territoires plus hospitaliers.

Marche / Psychogéographie / Land art / Art conceptuel / Représentation / Hodologie / Paysage

JAMET Alexandra

L’écologie de la cour de récré’ des Cardabelles (Aveyron)


Lors de la conception d’une école, la cour de récréation semble bien souvent négligée de la pensée architecturale. Or, support – ou lieu par défaut – du temps de la récréation, la cour mériterait une attention particulière pour offrir des qualités saisissables par ses usagers. Encore faut-il comprendre quels sont les enjeux de la récréation et de sa cour. Aussi, ce mémoire interroge la cour de récréation, et surtout observe le rôle de l’espace – cour et l’influence de celui-ci sur les acteurs qui l’occupent. Cette analyse se base sur l’observation d’une école primaire, l’école des Cardabelles en Aveyron, ainsi que sur des échanges avec son corps enseignant.

Aménagement de l’espace / Cour de récréation / Enfant / Jeu / Pratique spatiale

LAGUERRE-PLANES Candice

Une cabane à la Jougarelle


Durant l’été 2021, dans le quinzième arrondissement de Marseille, une forme de commun, de cabane, a commencé de se construire : un terrain d’aventure. Il résulte d’un enchevêtrement d’opportunités et de noues relationnelles qui se sont établis à diverses échelles depuis plusieurs années autour de cet objet complexe et utopique. Dans le parc de la Jougarelle, attenant à la cité la Castellane, il a permis d’engager 18 personnes issues de milieux socio-professionnels différents autour d’une action commune : occuper un bout de colline argileuse, peu boisé, pour tenter de construire un espace où les enfants accueillis librement puissent déployer leur imaginaire et leur capacité d’action pour participer à sa construction. Il y a eu des manquements mais cette expérience marque seulement le début d’un mouvement, dont une grande marge d’action et de réflexion reste encore à parcourir .

Terrain d’aventure / La Castellane (Marseille) / Cabane

SAMUELIAN Julia

L’envol d’une ruine. Mise en mouvement de la piscine olympique de Luminy


Face au temps qui passe, dans nos vies comme sur la matière, l’architecture vieillit. Ce processus temporel inévitable façonne la matière architecturale qui s’use. Les édifices sont ainsi tous changeants et leur aspect comme leurs fonctions et leurs usages se transforment. C’est ce qui écrit l’histoire de chaque entité architecturale et leurs ruines en sont le témoignage. La ruine actuelle de l’ancienne piscine olympique de Luminy nous conte ici sa propre histoire. Cette autobiographie met alors en mouvement cette ruine qui chamboule cette tendance à figer l’architecture. La biographie est ainsi proposée ici comme nouvel outil à saisir pour l’architecte afin de compléter les moyens d’expressions habituels dans le cadre de la conception architecturale.


Usure / Matière / Temps / Ruine / Architecture / Biographie du lieu / Marseille

TUR Alyson

La/les image(s) du territoire de l’étang de Berre


Les personnes qui vivent dans le sud-est de la France ont toutes, au moins une fois dans leur vie, entendu parler du territoire de l’Étang de Berre. Que ce soit pour son étendue d’eau, son immense parc industriel, sa richesse végétale, ses pics de pollution… le territoire de l’Étang de Berre constitue une dominante majeure dans l’esprit de ses habitants. Mais, en réalité, sur quoi se basent-ils pour construire leur image du territoire? Intuitivement, en mettant en relation des éléments types, l’individu parvient à structurer, mentalement, l’image du territoire de l’Étang de Berre. Or, on constate une variation des représentations d’un individu à l’autre, dans le temps et en fonctions d’autres composantes. L’image, n’ayant pas pour résultat une réponse unique, il semble important d’identifier comment et au regard de quoi se construisent les représentations mentales des usagers du territoire identifié.
Étang de Berre / Image / Territoire / Paysage / Kevin Lynch

2020-2021

Cette session a été marquée par le second confinement de la pandémie de Covid-19, décrété le 30 octobre 2020  qui a imposé un suivi à distance, l’annulation des interventions initialement prévues d’Elsa Dorlin et de Daniel Pinson mais aussi un ajustement des terrains d’enquête, voire des réorientations des sujets d’étude !

De belles surprises ont cependant couronné ce séminaire d’automne, tant sur la dynamique de groupe – les étudiants et leurs encadrants manifestant une belle adaptabilité – que sur la qualité des réflexions menées.

Le livre dont la lecture fut partagée par tous en début d’année, Nos cabanes, de Marielle Macé (2019), a été comme un « manifeste souterrain » des travaux réalisés, tous consacrés à la question de l’habiter et à ses variations sociales et environnementales. Même si l’épidémie ne fut pas le sujet principal des articles présentés ici, la façon dont la période si singulière que nous avons vécue a modifié les paramètres de notre relation anthropologique aux espaces construits et naturels a bel et bien rejailli dans beaucoup des analyses soutenues par les étudiant·e·s.

De l’insularité à la Tiny House, en passant par les ambiances sonores, les récits des Grands ensembles et les luttes urbaines, nous sommes plus que jamais dans une société en archipel qui cherche à renégocier les seuils et ouvertures de son « chez soi ». « Cabanes, donc : des façons de faire et de penser, notamment de penser les lieux (…). Et encore de penser le temps, et avant tout l’avenir, afin de se rapporter à lui d’une autre façon. » (Macé 2019 : 42-43)

ARAVECCHIA Jules 

La métamorphose de l’espace public en temps de crise ; L’exemple de la révolution chilienne à Valparaiso 

Le 18 octobre 2019, au Chili, éclate un soulèvement social d’envergure, le pays entier sort dans la rue, chacun et chacune manifeste ses idées. Je prends ici comme exemple principal la ville de Valparaiso durant les premiers mois de manifestations et d’affrontements entre le peuple et les forces représentantes de l’État. Dans cet article, je souhaite décrire la structuration de l’espace public en tant que lieu de prise de parole et de remise en cause de l’ordre. Les citoyens, unis dans ces moments de lutte et de troubles adoptent un comportement tel, que l’appropriation de l’espace public évolue. Les formes d’occupation de lieux symboliques, l’envahissement des espaces de circulation et surtout un nouveau mode de vie, font que le paysage urbain se métamorphose. La ville devient ainsi le théâtre de la révolution, entre scènes de protestation, actes militants et préparation des manifestations, les différents acteurs de la révolution se déplacent et s’opposent dans des lieux autrefois dédiés à la vie citadine ordinaire. 

Valparaiso / Crise sociale / Espace public / Manifestations / Espace politique 

BLEYS Pauline

Les peurs, l’altérité, l’espace public

La peur de l’étranger est un concept qui existe dans chaque pays et se manifeste de la même manière dans les espaces publics : se méfier de celui qu’on ne connaît pas. Le passage de la société industrielle à la société du risque souligne les craintes de notre monde contemporain. La société elle-même produit des risques, des effets inattendus néfastes. Le risque, qui renvoie aux peurs et aux angoisses de chacun, menace aujourd’hui une société entière. L’individualisation croissante a fait exploser les inégalités : montée de la violence, islamisme, oppression des femmes – ajoute des situations à risque en dehors de notre « chez soi ». Ces risques ne se manifestent pas au même degré selon le lieu pratiqué et l’heure à laquelle il se pratique. Ce spatio-temporel joue-t-il un rôle dans la manière de se déplacer en ville ?

Peur / Terrorisme / Pandémie / Sécurité / Altérité / Espaces publics

CHASSAGNE Edgar

Porquerolles, naissance d’un haut lieu de Méditerranée ; Entre conservation des valeurs territoriales et hyper-connectivité 

En 2020, dans une société hyper-connectée en proie aux enjeux de la mondialisation, un territoire en marge tel que Porquerolles devient un haut-lieu insulaire. Son emplacement stratégique, au cœur du bassin Méditerranéen, participe à son hyper-fréquentation et bouleverse la pratique spatio-temporelle de l’île, fréquentée massivement par les touristes en période estivale. Cette nouvelle dynamique entre en collision avec les valeurs écologiques de l’île, ainsi qu’avec les habitudes de vie locales. Le changement de statut du territoire permet de rendre compte d’une réalité : celle d’habiter un haut-lieu insulaire.  

Par cette étude ethnographique, et en m’appuyant sur des témoignages, j’ai souhaité retranscrire les perceptions des différents acteurs qui peuplent ce lieu insulaire sur des temporalités variées, en tentant également de montrer l’impact de cette hyper-fréquentation et de cette nouvelle connectivité du haut lieu. Ces facteurs prépondérants révèlent une multitude de stratégies mises en place par les habitants afin de s’adapter au mieux aux nouvelles contraintes de leur île. Entre espace protégé, terroir et localité forte ; le mémoire dévoile les coulisses de ce territoire impacté. 

Porquerolles / Insularité / Île/ Territoire/ Enjeux/ Mondialisation / Connectivité / Tourisme/ Hyper-fréquentation 

KELLER Sarah

Le Chez-soi ; Réflexions et enquête sur l’espace habité dans un contexte de confinement.

Le chez-soi. Ce terme du langage courant évoque dans l’imaginaire collectif le domicile, la maison. Cette relation chez-soi/ domicile est induite par des valeurs sociétales (les habitudes culturelles de notre civilisation sédentaire, la volonté de matérialisation des besoins et désirs, une pensée fonctionnaliste…). Cependant, le concept du chez-soi s’étend au de-là de la figure spatiale du logement, en effet, c’est un rapport interactionnel entre un individu et l’espace pratiqué. Le chez-soi relève de la conception de chacun d’habiter, de sa façon propre d’être au monde. L’habitat bien plus qu’un simple abri, amène chez l’Homme une stabilité et participe à la construction identitaire de chacun.

La crise sanitaire actuelle impose aux populations de rester “chez-soi”. Se pose alors la question de la perception et de la définition du chez-soi pour chacun de nous, dans ce contexte si particulier. De plus, il est question d’étudier si ce confinement induit un nouveau rapport entre l’habitant et l’espace habité. Pour cela, une quinzaine d’interviews ont été réalisés. Leur analyse s’accompagne également de photographies effectuées par les individus eux-mêmes. Elles visent à capturer la perception intime du chez-soi par les habitants.

Chez-soi / Habiter / Domicile / Seuil / Identité / Confinement

NIVELLE Camille

Tiny houses : une réponse au sans-abrisme et au mal-logement 

Depuis le début du XXIème siècle, le mouvement des tiny-houses prend de l’ampleur. Littéralement « minuscule-maisons » en français, ce nouveau type de logement s’inspire des habitats nomades. Elles sont composées de bois et construites sur remorque. D’une vingtaine de mètres carrés, leur petite taille leur offre une mobilité, une autonomie en énergie et un coût moindre. Ces nombreux avantages leur ont permis de se développer en quelques années, suite à des catastrophes naturelles et financières, d’abord aux États-Unis puis en Europe. Les tiny-houses se sont montrées attractives afin de construire rapidement des logements pour les sinistrés face à des logements sociaux de mauvaises qualités. Elles offrent le confort et l’économie en termes d’achat de nouveau logement, tout en assurant une pérennité et une stabilité à ses occupants. Ce nouveau mode d’habitat tend à devenir l’une des solutions de logement d’avenir face aux crises économiques, écologiques et sociales que nous connaissons. Le problème du sans-abrisme et du mal logement est aujourd’hui très présent, tous pays confondus y compris dans des régions du monde dites développées. L’esprit des tiny-houses est repris de plus en plus par des entreprises et associations à des fins humanitaires. Plusieurs exemples dans le monde montrent alors une diversité d’adaptation de ces tiny-houses dans des situations variées avec un but commun, aider les personnes démunies à se loger ou se reloger décemment. 

Tiny-house / Sans-abrisme / Mal-logement / Architecture de demain / Écologie / Économie / Autonomie

PIZZANELLI Léa

L’écoute du quotidien de la Belle de Mai ; des ambiances sonores aux problématiques des espaces publics urbains

Chaque ville possède son atmosphère propre qui influe une manière de vivre particulière et unique. Les ambiances sont en relation avec la géologie du milieu, mais aussi avec l’environnement construit et les usages qui y prennent formes. Encore peu abordé dans la conception architecturale et urbaine, le son constitue pourtant une entrée importante dans la compréhension du territoire et peut servir de matière de base au projet. Le temps s’exprime à travers les phénomènes sonores perçus différemment par les individus, ce serait l’occasion d’introduire la notion de mouvement et d’impliquer directement l’usager dans le projet. Il est donc question de mettre en évidence la relation entre le corps et le paysage sonore urbain pour informer sur les problématiques liées à l’espace public et transformer les processus de conception des espaces habités. En partant de l’hypothèse que les phénomènes sonores ont un rôle fondamental dans l’expérience, la perception et la représentation de l’espace construit, nous aborderons différentes concepts et méthodes d’analyse (l’enregistrement, l’écoute qualifiée, le transect) de l’environnement sonore que nous appliquerons sur le cas d’étude de la Belle de Mai.  

Ambiance sonore urbaine quotidienne / Perception sonore / Conception architecturale et urbaine / Écoute qualifiée / Transect / Belle de Mai / Marseille

THOMAS Pierre

Habiter Porto, côtoyer le vide urbain

À Porto, le vide est une définition imprécise et imparfaite de l’espace résiduel. Dans cette ville, l’idée de vide renvoie plus à une sensation qu’à un type spécifique d’espace, et pour cause, la notion de vide employée dans ce texte n’a pas la prétention de désigner avec savoir mais plutôt de raconter une sensation perçue lorsqu’on contemple et côtoie le tissu perforé de Porto. Parler de cette sensation avant de chercher à la raisonner, c’est ce qui m’a permis de mieux la définir : c’est à la fois le produit de l’histoire, un mécanisme, une substance, une nuisance et une ressource de la ville. Or, si le vide est le fruit des mécanismes de l’urbanisation et de la densification des villes, il constitue aussi l’ADN de celles-ci. L’idée de côtoyer le vide urbain vient de cette image de substance miscible entre perforations et masses bâties qui se mélangent dans Porto. L’usage de ce terme pour renvoyer à une matrice d’espaces (en friches, délaissés, résiduels) peut sembler imparfait tant il a une connotation péjorative, et tant il sera difficilement associé à la richesse d’un élément. Pourtant, tout l’objet de cette étude sera justement de montrer que ce terme est essentiel. Un vide urbain n’est jamais vide de sens. 

Vide / Vacance / Friche / Délaissé / Régénération / Végétalisation / Porto

TRAYNARD Pauline

Grandir dans un Grand ensemble : discours et usages par et sur les jeunesses habitantes ; Confrontations de récits urbains dans la copropriété des Rosiers

Que signifie « vivre dans un Grand ensemble » ? Quels discours les habitants, et notamment la jeunesse-habitante, formulent-ils à l’égard de ce lieu de vie ? Les récits urbains sont à la fois « ce que disent les lieux » par leur pratique ou par leurs formes urbaines et architecturales et ce qui « est dit des lieux » par les habitants et les non-habitants. Il faut donc prendre en considération les faits racontés par les habitants, les acteurs associatifs ou autres usagers des lieux, les médias et ceux que racontent les usages de l’espace. Les récits urbains se racontent non seulement de l’intérieur, mais aussi de l’extérieur, ce qui rend compliqué une analyse objective de ces espaces. Au travers de cette réflexion, il est donc question de comprendre comment les récits urbains sur et dans les Rosiers, une copropriété dégradée, à Marseille s’entremêlent, se confrontent ou peuvent être mis en parallèle en fonction des thématiques abordées. Grâce à une enquête de terrain, durant des Ateliers de rue, j’ai souhaité collecter et transcrire les paroles de jeunes habitants. En mettant en parallèle leurs perceptions de la copropriété, mes propres perceptions et celles d’autres auteurs, émergent sujets et points de vues en lien avec la question sociale des Grands ensembles. Les questions de la violence, de l’accompagnement social et de la jeunesse-habitante sont autant de sujets en soi, que de sujets reliés les uns aux autres voire, à d’autres encore. De ce fait, une analyse des récits urbains permet de prendre en considération l’ensemble des facteurs qui influent sur le fonctionnement social et spatial de ces lieux d’habitat collectifs et populaires.  

Marseille / Grands ensembles / Jeunesse / Discours / Usages / Copropriété des Rosiers / Atelier de rue

VANIER Manon

Ode à l’île. L’archipel du Frioul : un territoire insulaire dans la métropole marseillaise 

Situé seulement à quelques kilomètres au large de Marseille, l’archipel du Frioul est composé de l’île de Pomègues, l’île de Ratonneau, le château d’If, et l’îlot Tiboulen. Comme toutes les îles, elles se définissent tout d’abord géographiquement en tant qu’étendues de terre entourées d’eau. Par leur caractère insulaire elles fonctionnent indépendamment de la commune de Marseille et rendent d’emblée ce territoire unique, tel un laboratoire de recherche sociale, écologique et politique. Ces îles habitées sont définies, selon Jean Brunhes, comme « de petit tout d’humanité », des micro-territoires comme des micro-organismes, caractérisés par une faune et une végétation endémiques. Pour les naturalistes, l’échelle et le territoire circonscrits de l’île font de celle-ci une sorte de microcosme, un véritable laboratoire de la vie sociale. Quelles sont les conséquences des caractéristiques géographiques des territoires insulaires sur les sociétés qui s’y installent ? Nous ferons dans un premier temps un état de l’art de la littérature et des recherches menées sur l’insularité, puis nous étudierons le cas de l’archipel du Frioul à la fois îles, village isolé et quartier marseillais. 

Marseille / Frioul / Insularité / Isolement / Accessibilité / Approvisionnement / Usages / Identité territoriale

VARESANO Johan

Quels rapports entretient l’homme avec la nature pendant le confinement ?

Dans cette étude, nous nous intéresserons aux relations que l’Homme entretient avec la nature, particulièrement pendant la période de confinement. Nous vivons un moment charnière de l’histoire de l’humanité avec ces confinements des années 2020-2021. Nous sommes privés de notre liberté de nous mouvoir, restreints dans nos interactions sociales. Coupés de notre « nature » peut-être…

Confinement / Homme-Nature / Relation / Écologie

2019-2020

Pour cette deuxième édition, les “passions conceptuelles” récurrentes des étudiant·e·s en architecture ont été l’occasion de retravailler des notions anthropologiques complexes : les “non-lieux”, la “dystopie”, mais aussi les travaux poétiques et littéraires comme ceux de Georges Perec. Une réflexion collective sur la notion d’hospitalité a ouvert le séminaire avec la lecture d’un compte-rendu du livre de Pascal Dibie qui s’intéresse aux portes.

Avec Kathrin Wildner de la Hafen City Universität à Hambourg, une attention particulière aux sons a été proposée avec un parcours sonore dans l’école. Nous avons pu également bénéficier de la présence de Lorena Lopez, doctorante à l’Université fédérale de Mexico et en visiting au Laboratoire Architecture et Anthropologie de l’ENSA Paris La Villette, à l’automne 2019. Avec elle, nous avons pu avoir un débat méthodologique sur les dispositifs qu’elle a mis en œuvre pour saisir la manière dont les chauffeurs de taxi habitent la ville de México.

Une année de plus les étudiant·e·s nous ont fait voyager de par le monde : des souks de Beyrouth à Athènes en passant par la Tunisie. Les travaux ancrés sur le territoire marseillais ont poursuivi les quatre grands domaines de prédilection des étudiant·e·s depuis quelques années, à savoir la fabrique de la ville et ses jeux d’acteurs, le « vivre ensemble » (des impasses aux escaliers, en passant par les résidences étudiantes), la pédagogie et la place de l’architecte et de la conception architecturale dans la société (au travers notamment du cas des tiny house et de celui des bidonvilles). Un intérêt particulier a émergé au cours de cette édition autour des questions de la nature en ville ainsi que du milieu hospitalier.

L’équipe enseignante cette année-là a été composée d’Arianna Cecconi, Jean-Marc Huygen, Nadja Monnet, Evelyne Bachoc.

ARBAUD Alan

La désertification des centres bourgs : Forcalquier, un résistant ?

La désertification des petites agglomérations est un phénomène visible en France depuis plusieurs décennies. Au travers du cas de Forcalquier, une importante commune des Alpes-de-Haute Provence, je tente d’analyser les raisons qui ont permis à certaines communes d’échapper à ce phénomène de désertification. Pour cela je cherche à définir ce qu’est un village, un bourg ou une ville, en m’intéressant au lien que ces entit​és tissent entre elles.

Désertification / Bourg / Ville / Village / Forcalquier

CHENIKI Nazim Adel

Mutation(s) du quartier de la Valentine. Du village agricole à la ZAC commerciale

Le quartier de la Valentine, situé à l’est de Marseille (11ème Arrondissement), a connu à partir de la seconde moitié du XXème siècle des mutations majeures, du fait de l’action concomitante de la généralisation de l’automobile, de l’extension autoroutière et du développement de l’urbanisme commercial. Ce travail montre la mutation de ce territoire en frange commerciale, interroge les logiques qui y président (économiques, spatiales,…) ainsi que la place du vide dans celle-ci.

Consommation / Stratégie commerciale / Infrastructure / Flux / Aménagement / Marseille/ La Valentine

CHOUKIER Nour

Les souks de Beyrouth. Reconstruire la ville, reconstruire la vie ?

Les souks de Beyrouth, tant par leur histoire que par leur fonctions économiques et sociales, sont des espaces emblématiques de la ville. Ils sont le symbole des échanges entre populations d’appartenances sociales et communautaires différentes. Pendant la guerre civile (1975-1990), ils deviennent cependant des lieux d’affrontements et ils sont désertés. Le projet de leur reconstruction est accompagné d’une mutation du paysage social de la ville. Aujourd’hui, le centre-ville est désert, symbole grandiose de l’échec d’une reconstruction imposée par le haut. Les souks de Beyrouth avaient le caractère d’un bazar oriental où l’échange commercial repose sur la parole et la négociation. Aujourd’hui, ils sont remplacés par des immeubles d’architecture contemporaine, des hôtels et des commerces de luxe. En analysant les souks d’avant-guerre et leur transformation après la reconstruction, nous tentons de répondre à la question suivante : entre un passé perdu et un avenir reconstruit, comment définir un rapport à une ville reconstruite ?

Beyrouth / Reconstruction / Souks / Internationalisation

DELEUIL Marie

Nature et Homme, Homme et Homme : un mieux vivre au sein de la ville.
L’exemple des jardins familiaux Joseph Aiguier

Alors que l’activité ouvrière a considérablement diminué, les jardins ouvriers devenus familiaux préexistent toujours en ville et participent au bien vivre de leurs bénéficiaires. Après de nombreuses évolutions de ceux-ci au cours des années, ils se présentent de plus en plus comme des outils efficaces de lutte contre certains maux de la ville. Désormais, leur rôle nourricier semble moins important que leurs fonctions sociales, environnementales et paysagères. L’Homme renoue des liens avec la Nature ainsi qu’avec d’autres Hommes au sein d’un espace urbain vegétalisé et cultivé. Comment les jardins familiaux Joseph Aiguier, situés au sud de Marseille, permettent-ils de renouer des liens entre les Hommes mais également avec la Nature ?

Jardins familiaux Joseph Aiguier / Nature / Ville / Marseille

DUMAIS ROSA Laura

Citoyens à la reconquête de la ville : pour un activisme urbain à Marseille

Ce travail s’intéresse à des pratiques de jardinage non ordinaire à Marseille. Deux cas d’études sur le territoire de la ville montrent les impacts que peut avoir cet acte collectif, tant d’un point de vue social qu’urbain. En croisant ces expériences avec la théorie, il est question de considérer le jardinage comme un acte de lutte urbaine pour l’accessibilité aux « espaces verts » et à la ré-appropriation citoyenne de la ville.

Jardinage / Agriculture urbaine / Lutte urbaine / Droit à la ville / Mobilisation citoyenne / Bien commun

EL FEKIH Oumeima

D’un palais à une oukala. Biographie d’un bâtiment à la médina de Tunis

La thématique générale développée dans ce travail est celle de l’étude des transformations qu’a subi un bâtiment de la Medina de Tunis : l’ancienne école israélite de la Hafsia, qui a été sur le point de devenir la deuxième aile du Musée de la Médina de Tunis. Ce projet n’a pas vu le jour, et cette ancienne école est actuellement un bâtiment habité par une soixantaine de familles. Ce travail s’inscrit dans une étude biographique qui trace le récit de vie d’un bâtiment.

Usage / Oukala / Biographie d’un bâtiment / Appropriation / Médina de Tunis

FRAISSENET Camille

Les défis des architectes dans les bidonvilles

Après un stage de six mois effectué chez Architectes Sans Frontières (ASF), je me suis questionnée sur le métier d’architecte et comment il peut être remis en question dans les bidonvilles. Comment faire de l’architecture dans un bidonville ? Quelles compétences et quels savoirs solliciter ? L’objectif est de faire un parallèle entre mon expérience à propos du bidonville des Aciéries à Marseille et celle d’architectes de différents horizons ayant travaillé chez ASF. Il s’agit, au travers d’entretiens et de constats personnels, de mettre en avant aussi bien les savoirs et les compétences utilisés, que les échanges entre les habitants et les architectes qui se transmettent mutuellement :un savoir-faire et de nouvelles compétences.

Architectes Sans Frontières / Bidonvilles / Enrichissement / Responsabilités / Architecture participative / Marseille

GAGLIARDINI Léa

Ce n’est pas la taille qui compte

Depuis quelques années, un mouvement prend de l’ampleur, aux Etats-Unis d’abord, mais également en France dernièrement. Les tiny houses, ou micro-maisons, sont une nouvelle forme d’habitat qui séduit de plus en plus de monde. Ces petites maisons sur roues sont supposées proposer tout le confort d’un logement plus classique, mais est-ce possible dans un espace aussi réduit ? Le fait d’habiter un petit espace n’est pas nouveau, mais il s’adapte ici aux problématiques de notre siècle. Utilisé au début pour reloger des sinistrés, suite à des catastrophes naturelles ou économiques ponctuelles, cet habitat minimaliste pouvant être construit à moindre coût et déplacé au fil du temps pourrait-il être l’une des solutions à l’arrivée continue de situations de crise ? Il s’agit alors de savoir de quoi est constituée la base du confort et si les tiny houses peuvent le satisfaire. Entre le confort thermique, le confort matériel ou le confort psychologique, de nombreuses données entrent dans l’équation et doivent pouvoir cohabiter dans un espace réduit. Alors est-ce vraiment une solution viable pour tout le monde ? Sans concession et une réelle volonté de changer de mode de vie, il n’est pas possible de bien s’adapter à cette maison. Même si elle offre un confort thermique égal voire supérieur à beaucoup de logements, elle assure un confort matériel relatif, minimaliste. Quant au confort psychologique, il semblerait que ce soit l’aspect qui nécessite le plus d’accommodements.

Confort / Maison / Minimalisme / Mode de vie / Taille / Tiny houses

HAMMER Ildikó

Impasses de Marseille. Espaces sans issue ?

Selon Thierry Paquot, l’impasse est le contraire de la rue. Elle « ne mène nulle part, une sorte de passage fermé, clos d’un côté, qui empêche la fuite. » (Paquot 2017: 266). Combien y a-t-il d’impasses à Marseille ? De quelle taille sont-elles ? Comment les saisir ? Que trouve-t-on en arrivant à leur fin ? Quel impact ont-elles sur le flux urbain, sur la vie du quartier, sur la vie de leurs habitants ? Quel intérêt et potentiel détiennent-elles ? Comment y vit-on ? Sans pouvoir répondre à toutes ces questions, ce sont elles néanmoins qui ont guidé mes recherches. Pendant le semestre, j’ai défini dans un premier temps un corpus d’espaces types d’ « impasses », à Marseille, et je les ai identifiées dans le tissu urbain. Puis, dans un deuxième temps, j’ai exploré le fonctionnement spatial, social, environnemental et économique de l’une d’entre elles : la rue Louis Gibert. Le choix du sujet est aussi un souhait de donner forme à mes réflexions quotidiennes comme résidente de celle-ci.

Impasse / Voisinage / Convivialité / Rue / Vivre-ensemble / Usage / Marseille

HETTAK Sara

Architecture hospitalière : un outil de soin à part entière. Le cas du CHU de la Timone

L’évolution de l’architecture hospitalière a eu pour guide l’évolution du progrès médical, de la politique et des techniques de construction. En faisant un bref parallèle historique entre architecture et accueil à l’hôpital, le lien entre la mutation des usages et les transformations architecturales de ces établissements apparait. De nos jours, l’hospitalité est devenue un élément clé à prendre en compte dans la conception des hôpitaux. Les notions d’ambiances, de lumières, d’orientations, d’environnements, sont tout autant d’éléments essentiels pour la santé du patient. Dans le cas du CHU de la Timone à Marseille, l’hospitalité est relative, pleine d’oppositions entre le désir d’aider les patients et la multiplication de facteurs d’in-hospitalité qu’ils soient involontaires ou délibérés. L’atmosphère créée par les lieux ou par la façon de les investir sont tout autant importants pour établir un sentiment de confiance qu’une bonne prise en charge du patient. Le cas du bâtiment de pédiatrie est particulièrement intéressant car l’enjeu de l’enfant hospitalisé est d’autant plus délicat et requiert une attention particulière. La Timone en l’occurrence, détient l’un des pôles pédiatriques les plus avancés du pays, pour autant, nous allons voir que parfois l’architecture fait défaut.

Architecture hospitalière / Hospitalité / Ambiance / Hôpital / La Timone / Pédiatrie / Enfant

KHELIFA Myriam

L’hospitalité en milieu hospitalier. Le cas d’étude de l’hôpital de la Conception à Marseille

La première partie retrace l’histoire longue de l’hôpital de la Conception à Marseille pour en dévoiler les transformations majeures, puis, ce sont des fragmentss de son quotidien contemporain qui sont dévoilés au travers d’une expérience d’hospitalisation longue, de situations vécues et de témoignages de compagnons de route. Cette plongée dans les coulisses de la vie quotidienne d’un hôpital permet de montrer ce qui participe ou entrave l’hospitalité du lieu dans les plus petits détails.

Appropriation / Hôpital de la Conception / Marseille / Patient

MARCHETTI Simon

Quel rôle pédagogique le jardin peut-il jouer à l’École pour concevoir et construire le Bien Vivre à venir ?

Le début de ce texte prend la forme d’un recueil pluridisciplinaire où s’entremêlent, se font écho, ou bien ré(rai)sonnent les voix de nombreux penseurs, poètes, philosophes, anthropologues, pédagogues, et bien d’autres, au sujet des vertus de l’emploi du jardin pédagogique à l’École. La suite, très concrète, est le récit d’une rencontre entre un étudiant en architecture, qui réfléchit aux évolutions de la forme scolaire à l’horizon d’un Bien Vivre à venir, et du jardin pédagogique de l’école élémentaire de la cité Font Vert, située dans le 14ème arrondissement de Marseille.

Jardin / Pédagogie / Architecture / École / Classe / Bien Vivre / Font Vert / Marseille

MENAA Heni

Les résidences étudiantes, cadre de la vie étudiante collective ?

Cet article pose la question d’habiter les résidences étudiantes. Celles-ci peuvent être considérées comme un passage temporel dans la vie de la personne ; c’est-à-dire, un moment de passage d’une vie de dépendance au sein de la famille vers l’autonomie, soit une sorte d’initiation à la vie d’adulte. Ces résidences étudiantes renferment des espaces qui se situent entre le collectif et l’individuel, des espaces intermédiaires ou d’entre-deux, représentant un flou dans leur qualification. Selon la typologie de la résidence, l’organisation des logements par rapport aux espaces collectifs ainsi que le degré de confort et des équipements intérieurs varient. Ces espaces font l’objet d’une recherche théorique et d’un travail d’enquête sur deux résidences, situées sur le campus universitaire de Luminy, à Marseille. Il mobilise les méthodologies de l’entretien, des relevés habités et la photographie pour capter les usages, les pratiques et les formes d’appropriation de ces espaces.

Logement étudiant / Espaces intermédiaires / Entre-deux / Vie étudiante / Campus de Luminy / Marseille

MOLLANDIN Charles

Les marches en ville : de l’hospitalité des escaliers urbains

Comment un escalier urbain, qui revêt un caractère d’obstacle, peut-il faire œuvre ou non d’hospitalité en tant qu’espace à vivre ? Nous ferons l’hypothèse que les escaliers urbains ne sont pas des espaces réduits à leur fonction de transition, mais des théâtres où les gradins sont aussi la scène. On s’y met en scène, quelle que soit la façon dont on les pratique car qui choisit l’escalier le fait pour y vivre une expérience en rapport avec son propre corps. À travers l’analyse d’un exemple d’escaliers urbains, ceux du cours Julien à Marseille, nous avons tenté d’analyser la fonction d’(in)hospitalité des escaliers dans les villes ; eux qui sont à la fois des outils de transition urbaine constituant des obstacles en même temps que des espaces à expérimenter.

Hospitalité / Escalier / Scène / Mobilier / Transition / Entre-deux / Cours Julien / Marseille

PERILLAT-AMÉDÉE Laura

En réponse aux problématiques des bidonvilles marseillais, la position militante et engagée de l’architecte

Alors que dans l’opinion publique, les bidonvilles en France auraient disparu, cette réalité est encore bien présente, avec, ne serait-ce qu’à Marseille, 30 bidonvilles accueillants près de 800 personnes. Ce travail propose de revenir sur les enjeux politiques et l’action de différents acteurs autour des problématiques posées par ce mode d’habitat. Il se focalise également sur le rôle que l’architecte peut jouer dans l’amélioration des conditions de vie de ces personnes. C’est par le biais d’entretiens et d’échanges avec des membres de l’association Architectes Sans Frontières (ASF) à Marseille, qu’il a été possible de comprendre les formes d’engagement associatifs et militants de l’architecte face à la question des bidonvilles, mais également d’identifier les personnes qui s’engagent autour de ces problématiques. Il s’est agi de tenter de comprendre comment elles en en sont venues à s’impliquer dans une action collective, et quelles ont été leurs motivations ainsi que leurs attentes.

Architecture / Architectes Sans Frontières (ASF) / Bidonville / Marseille / Militantisme / Association / Engagement

VALATKAITE Gaiste

L’espace de repos dans le parc Plateia Persephonis à Athènes

L’espace public, un bien qui appartient en principe à tout le monde, un lieu destiné à accueillir les habitants et les passants, est devenu un des sujets les plus polémiques pour les acteurs responsables du développement de la ville du futur. Ayant subi l’affaiblissement de son rôle de lieu de cohésion sociale, il génère des relations sociales de plus en plus impersonnelles et superficielles. Par conséquent, le sujet de l’espace public invite les usagers et les concepteurs à définir de nouvelles pratiques de la vie publique actuelle afin de rendre épanouissants les projets d’aménagement à venir. Quelle serait donc la définition d’un espace public hospitalier et accueillant ? Quels efforts ont été faits dans le cas du parc Plateia Persephonis à Athènes, lieu choisi pour étudier la problématique ? Quels espaces permettent de faire des pauses dans celui-ci ? Comment les passants, promeneurs ou personnes qui s’y installent plus durablement s’en emparent?

Espace public / Arrêt / Repos / Atmosphère / Mouvement / Hospitalité

ZIADI Amani

Dynamiques des choix résidentiels à Dar Chaabane El-Fehri à Nabeul (Tunisie)

Choisir son lieu de vie est un acte fondamental dans son parcours personnel. La décision d’habiter ici ou ailleurs dépend des expériences vécues et influence les trajectoires individuelles. La connaissance des processus de cette décision est essentielle. Ce travail propose, dans une perspective transdisciplinaire, une lecture des travaux portant sur le choix résidentiel et les décisions qui y sont associées. La synthèse de travaux de géographes, psychologues, économistes, sociologues a permis d’étudier les dynamiques des choix résidentiels au sein d’une impasse à Dar Chaabane El-Fehri à Nabeul, en Tunisie. À travers l’analyse des trajectoires de ses résidents, l’objectif a été de comprendre la notion de mobilités résidentielles, d’en connaître les principaux déterminants et de savoir, quels effets produisent la mobilité sur le quotidien de cette impasse. Ceci a conduit à interroger également le lien entre le périurbain et la ville.

Mobilités résidentielles / Rural / Urbain / Périurbain / Trajectoires de vie / Nabeul / Tunisie

2018-2019

Avec la refonte du programme de master qui met au travail pour la première fois, au sein des séminaires, des étudiant·e·s à des niveaux différents de leur cursus de master (M1 et M2), nous avons inauguré des exercices collectifs d’observations sur site. L’artiste Elisa Campos de l’Université Fédéral de Bel Horizonte (Brésil) en séjour post-doctoral à l’ENSA Marseille a proposé à un groupe de partir à la découverte du lavoir de Château Gombert et de réfléchir par une performance à notre rapport à l’eau et à l’origine de ces espace où laver son linge était un acte collectif. Un autre groupe s’est rendu pour une ballade urbaine dans le périmètre d’Euromed 1 avec comme point de chute les Terrasses du Port et le marché récemment délocalisé de la place de la Plaine à la place de la Joliette. Ces expérimentations sur site avec la question de la liminarité qui a fait l’objet d’une attention particulière en début de semestre, ont largement marqué les réflexions des étudiant·e·s.

Certaines continuités se retrouvent avec les thématiques abordées dans le séminaire des années précédentes, notamment l’intérêt pour les jeux d’acteurs dans la fabrique de la ville (de Marseille à Berlin, en passant par la route du Pacifique en Amazonie, les slum à Darahvi et les camps de migrants à Calais). Parmi eux, le religieux, l’art contextuel et les touristes ont fait leur apparition cette année. L’intérêt pour les relations entre pédagogie, milieu et culture architecturale s’est confirmé. La question du « vivre ensemble » où sont explorés les multiples relations entre différents types d’espaces (public, collectif, privé) et le lien social s’est déclinée de manière originale avec, entre autres, une tentative de typologie de l’objet architectural qu’est le balcon.

L’équipe enseignante de cette première édition a été composée de Claire Bullen, David Mateos Escobar, Julie Métais, Nadja Monnet, Julia Rostagni et Arnaud Sibilat avec comme personnalité invitée Valeria Mantello (psychologue de l’environnement) et Nancy Ottaviano, architecte et chercheuse au Laboratoire Architecture/Anthropologie de l’ENSA La Villette.

ALSHARA Esraa

Les balcons de la Villette, à Marseille. Entre espaces intermédiaires et privés et mutations d’usage

La spécificité de l’espace du balcon qui est « entre le logement et la rue », « entre l’extérieur et l’intérieur », et « entre le privé et le public » m’a amené à l’aborder d’abord de manière théorique. En partant de l’hypothèse que le balcon est un « espace intermédiaire », j’ai ensuite analysé et observé, à distance, les traces des relations sociales, cristallisées sur les balcons de la Villette à Marseille. Les balcons « parlent » et permettent une certaine mise en scène. Ils nous informent de la façon dont les habitants envisagent cet espace complexe entre lieu de divertissement et d’appropriation. Il s’est alors agi de démontrer la multiplicité des usages en fonction de la manière dont il est considéré : comme un espace intermédiaire, ou en tant qu’espace privé, ou enfin, simultanément intermédiaire et privé.

Balcon / Espace intermédiaire / Besoin / Trace d’usage / Appropriation / Espace de vie / Marseille

BENTOUMI Soumeya

Le religieux et l’espace public. Trois lieux de culte monothéistes à Marseille

Les lieux de culte permettent d’accueillir le rassemblement des fidèles dans un bâtiment dédié à la pratique de celui-ci. Ces bâtiments entretiennent une relation particulière aux espaces publics qui les entourent. Il existe de nombreuses formes d’architecture religieuse (certaines plus iconiques que d’autres), d’espaces publics, et autant de formes d’interactions entre les deux entités. En quoi la nature des interactions entre les édifices religieux et leur architecture avec l’espace public, influent-elles sur la représentation du religieux à travers les lieux de cultes dans la ville de Marseille ? En est-il de même pour la société française de manière plus générale ?

Cette étude qui revient brièvement sur l’évolution du religieux en France, pour pouvoir dresser un portrait du paysage urbain religieux, s’intéresse ensuite à trois lieux de cultes marseillais pour chercher à définir de quelles manières, ils représentent le religieux.

Marseille / Architecture religieuse / Espaces publics / Représentation

BORRELLO Marida

Slumdog Millionaire et l’imaginaire de Dharavi pour le public globalisé

Le film dirigé par Danny Boyle et tourné à Dharavi a été acclamé par une grande partie de la critique européenne et américaine comme un chef d’œuvre. Plusieurs prix lui ont été attribués dont quatre Golden Globes et dix Academy Awards, à la plus grande satisfaction de l’histoire du cinéma indien, selon les déclarations officielles du gouvernement indien. A l’opposé, une partie de la critique orientale considère le succès de ce film comme une atteinte de la part des Occidentaux, portant préjudices à l’Inde, et comme une banalisation du thème de la pauvreté, liée à l’habitat « informel ». Sur la base d’une analyse croisée des différentes réactions vis-à-vis de ce film, issues de deux corpus de presse (Inde et Royaume-Uni), ce travail s’interroge sur la réception du message de Slumdog Millionaire parmi le grand public. En parallèle, il s’intéresse également à la genèse de ces quartiers indiens que le gouvernement appelle informels, les slums, et particulièrement à celui de Dharavi et à la formation des imaginaires autour de celui-ci.

Slum / Dharavi  / Imaginaire / Médias / Cinéma

BOUDEMIA Abir Bouchra

Pratiques artistiques dans les espaces publics : quand l’art contextuel sert à problématiser le territoire urbain. Le cas d’Alger, entre 2000 et 2018.

La Ville, née de la révolution industrielle, parce qu’objet interdisciplinaire, ne peut être englobée dans une seule vision générale. Il est possible, tout au mieux, d’en saisir un aspect à la fois. L’une des passerelles menant à son appréhension me semble résider dans ses espaces publics, entendus comme l’ensemble des lieux où le passant peut circuler ou stationner en se mêlant à autrui. Un fait particulier apparait dans ces derniers, à partir des années 1960, dans les grandes villes occidentales (Paris, Rome, New York…) : l’art contextuel. L’artiste contextuel marche et déambule dans la ville, seul, en errance ou en procession avec un programme déterminé. Il s’arrête et décore, fait participer le passant et l’intègre comme membre à part entière de son œuvre. Il l’interroge, le provoque parfois. Ces interventions contextuelles, parce qu’elles se veulent tributaires de la réalité, de l’instant même où elles ont lieu, sont une clef de lecture et d’analyse de cet objet qu’est la ville moderne ; et, parce que fondées sur une dynamique de conflits (entre l’artiste qui s’empare des espaces publics et le pouvoir public qui les régit, entre l’artiste et la société qu’il refuse telle quelle), elles permettent de problématiser l’espace urbain. La première partie de ce mémoire se consacre à étayer cette hypothèse. La seconde partie a consisté à étudier la ville d’El Djazaïr, Alger, à la lumière des pratiques d’art-contextuel dans ses espaces publics. Ces manifestations sont multiples et diverses, allant de la marche en procession (Bel Aredj, El Hayek en Ville) au tag sauvage (Sneak), en passant par l’investissement d’espaces publics ou bâtis (El Medreb, Dj’Art). C’est en les référençant (via un atlas nourri d’entretiens, de recherches sur les réseaux sociaux, d’articles de presse) et en les croisant que se dégage la thématique de la reconquête de la mémoire et de l’identité d’El Djazaïr.

Ville / Urbanité / Espace(s) Public(s) / Art / Art contextuel / Identité / El Djazaïr

CACCIA KOSTOVIC Mirella

La Wagenburg de Kreuzdorf : de l’utopie communautaire à l’hétérotopie de l’hospitalité

Berlin, ville poreuse dont les vides laissent place à l’utopie. Cette utopie c’est celle de la Wagenburg, de ces rassemblements d’habitat mobile et/ou léger constellant la ville allemande depuis les années 1970. Le récit qui va suivre retrace mon parcours à travers un sujet qui m’était initialement inconnu, une approche théorique aux moyens limités et enfin un accès au terrain tumultueux.

Marge / Communauté / Image / Impermanence / Wagenburg / Berlin

CLERC Kim

Évolutions et permanences de la salle de classe

L’espace de la classe est un ensemble de dispositifs issu de modèles historiques. De la création du modèle d’enseignement simultané en France au XVIIème siècle, jusqu’aux courants des pédagogies alternatives dans toute l’Europe au XXème siècle, cette recherche a pour but de comprendre les évolutions de l’espace scolaire.

Quels changements sont apparus au cours de ces trois siècles d’école ? La forme de la salle de classe a-t-elle changée ? La loi de 1882 rendant l’Instruction publique obligatoire – autrement dit « l’école pour tous » – est-elle une avancée dans les Droits de l’Homme, ou la reproduction d’un système hiérarchique au service de l’état républicain ? Cette loi ancre un lieu pour l’enfance dans la société : sa place est à l’école. Quels sont les effets de cette scolarisation du corps des enfants ? La discipline scolaire et les exercices propres au rôle d’élève seront l’occasion de questionner la spatialité de la classe d’école, et des rapports pédagogiques qu’elle instaure. Les pédagogies alternatives du début du XXème siècle, se revendiquant d’une écoute de l’enfant, apportent-elles des changements dans l’espace scolaire ? Les méthodes pédagogiques qu’elles expérimentent permettent-elles à l’enfant de s’exprimer librement ? Ou sont-elles une nouvelle forme d’auto-contrainte ?

Pédagogie / Éducation / Corps / Espace / Psychomotricité / Histoire de l’école

COSTES Sonia

Imaginaire(s) touristiques marseillais ? Une image urbaine de Marseille à travers l’analyse de trois guides touristiques, l’étude spécifique du Panier

Si l’imaginaire d’une ville est souvent un élément de référence, dans les discours des acteurs et concepteurs urbains, il n’est que peu de fois défini. Issu d’un discours particulier, l’imaginaire est contingent et relatif. Parler d’imaginaire revient donc à évoquer un point vue spécifique, établissant l’existence de plusieurs imaginaires. L’ensemble de ceux-ci pourrait définir ce qui est perçu d’une ville, ou d’un lieu, par le recoupement des discours et des évocations. C’est une perception de Marseille qui est étudiée ici, en s’attachant à une activité, le tourisme, et en étudiant le discours véhiculé par certains de ses promoteurs, les guides touristiques. Au nombre de trois dans cette étude, ils constituent une porte d’entrée pour la compréhension et la lecture d’un visage externe de la ville. Malgré des différences revendiquées, il existerait un imaginaire touristique marseillais, dans lequel les guides prennent place et contribuent. À travers plusieurs niveaux de lecture – structure, discours croisés et relations plus globales -, un système se détache, à la fois économique, social et sensible, évoquant la particularité des lieux tout en oubliant de parler de certains. Les guides reprennent des formulations et des connaissances similaires, comme formatées. Une correspondance des idées et des perceptions est lisible, combinée à une mise en scène de particularités urbaines. Marseille est autant dénigrée qu’encensée, utilisant les outils d’un marketing urbain pour établir une image de marque de la ville.

Marseille / Panier / Guide touristique / Discours / Image de marque / Touristification

DANTAS TUMA Lorena

L’urbanisation de Rio Branco : quand la route du Pacifique supplante la rivière Acre en Amazonie

Dans le contexte de l’occupation des terres amazoniennes, les routes ont joué un rôle primordial. Elles ont été les couloirs d’accès de ceux, venus de zones arides, qui sont partis à la recherche de meilleures conditions de vie. Cela a contribué aux conflits entre les constructeurs de routes et les habitants autochtones de la région ; entre la vie quotidienne des riverains et les nouvelles activités installées avec la progression des infrastructures. Les conséquences en sont visibles, d’une part, d’un point de vue socio-spatial. La réorientation de l’urbanisation du fleuve vers la route – de la nature vers l’artefact – a contribué à la croissance désordonnée de la ville à cause de l’exode rural, induisant la formation de favelas et la conurbation de villages aux bords de la route. D’autre part, en termes de logistique et symboliques, l’arrivée des infrastructures a concurrencé la nature. Si auparavant, la rivière était essentielle pour l’arrivée des marchandises, pour l’exportation des produits forestiers, pour l’alimentation et le loisir, aujourd’hui, polluée et érodée, elle n’est plus le support de l’économie et sa valeur symbolique, liée aux entités mystiques de la forêt, s’est estompée. La nature, dans les villes amazoniennes, devient aussi un marqueur des inégalités sociales et environnementales, à travers les risques, liés aux déséquilibres environnementaux auxquels sont exposés certaines catégories de population alors que d’autres bénéficient d’un accès privilégié à des espaces de nature. Bien que le phénomène urbain à Rio Branco ait des contours communs avec d’autres villes du monde – les processus de déplacement et de dépossession – ici, le phénomène d’anthropisation de la nature affecte profondément la culture et les identités de la population amazônida, complexifiant les enjeux de la « nature en ville » et des relations nature-culture auxquels nous faisons face dans nos villes du XXIème siècle.

Nature en ville/ Nature-culture / Route / Rivière / Urbanisation/ Rio Branco / Amazonie

GIRARD Mathieu

Accessible à tous !

Ce travail tente de montrer l’évolution de l’accessibilité quatorze ans après la loi « handicap » de 2005. Au travers d’une analyse des normes et d’une mise en pratique nous tenterons de répondre à cette question : vivre avec un handicap est-il plus facile aujourd’hui ? Pouvons-nous dire que tout le monde joue le jeu quand il s’agit de donner à tous, la liberté d’accéder aux bâtiments ou aux espaces publics ? Au travers d’une étude de cas, les normes théoriques ont été confrontées à la pratique sur le terrain. Cette étude se base sur un court parcours du quotidien, entre le domicile et la place de stationnement d’une personne à mobilité réduite. Il a pour objectif d’analyser les différents obstacles qu’elle rencontrer dans son quotidien. Le but a été de confronter les normes et leurs applications pratiques. Dans un second temps, il s’est agi de confronter l’efficacités de ses normes pour comprendre dans quelle mesure elles facilitent les moyens de déplacement, ou au contraire, si elles peuvent se révéler être contraignantes. Le but et donc de pouvoir permettre à chacun de parcourir son territoire sans difficulté. L’objectif de ce travail n’était pas de se focaliser sur le handicap, mais de questionner la vision des multiples usagers face à ces aménagements et notamment les usages qu’ils en faisaient.

Handicap / Accessibilité / Normes / Autonomie / Marseille

LEBRUN Alice

La mobilisation de la Plaine : de nouvelles perspectives pour construire la ville.

Ce travail traite des transformations urbaines spontanées qui ont eu lieu sur la Plaine (la place Jean-Jaurès, à Marseille), induites par certains de ses habitants, au cours des trois dernières années et plus précisément durant le mois d’octobre 2018. Ces interventions spatiales ont été portées par un mouvement de contestation contre un projet de requalification de la place, mené par la mairie. Je m’intéresse aux moyens de lutte par l’espace, mis en œuvre lors de cette mobilisation, en prêtant une attention particulière aux formes spatiales et sociales qui s’y sont créés, ainsi qu’à l’influence de ces interventions sur le collectif mobilisé et sur la réflexion architecturale et urbaine en général. Je constate, par l’étude de ces interventions spatiales, de nouveaux processus de construction de la ville auquel j’apporte une analyse pour ensuite interroger la place des architectes et des décideurs de la ville. Je faisais partie de cette mobilisation, les remises en question et les nouveaux horizons qu’a porté ce mouvement m’ont semblé être une source d’apprentissage pour les architectes, ce pourquoi j’ai décidé d’en faire mon sujet d’étude.

La Plaine / Politique urbaine / Mobilisation / Expérimentation urbaine / Marseille

MONTANARI Paul-Edgar

De la file à la place. L’expérience de l’attente à la Plate-forme d’Accueil des Demandeurs d’Asile

Le sujet de l’attente est abordé au travers du cas de la Plate-forme d’Accueil des Demandeurs d’Asile, place de la Halle Puget et l’attente double des requérants : à la fois immédiate et à plus long terme pour l’obtention du précieux sésame. Mais alors comment qualifier l’attente de ces demandeurs d’asile et quel rapport entretiennent-ils pendant celle-ci et avec celle-ci ? De part des observations non participantes et non dissimulées ainsi que la littérature scientifique, cet article tente d’expliquer les logiques de l’attente des demandeurs d’asile de Belsunce, et de comprendre certains phénomènes liés à celle-ci.

Attente / Demandeur d’asile / Espace transitoire / Pouvoir / Compétences / Marseille

RODRIGUEZ Manon

Redynamiser un centre-ville touristique, le cas du boulevard du Jeu de Ballon à Grasse

La Côte d’Azur bénéficie d’une culture touristique dont la force n’est plus à prouver. Grasse s’inscrit dans cette bande littorale. C’est une ville enclavée dans le paysage, à mi-chemin entre Cannes et Nice. Elle profite cependant du rayonnement international de sa parfumerie et attire ainsi des milliers de touristes chaque année. Le cas d’étude du réaménagement du boulevard du Jeu de Ballon est le témoin d’une volonté de redynamiser le centre urbain mais également d’améliorer le quotidien de ses habitants. L’étude comparative des aménagements faits au fil du temps questionne la position du piéton en centre urbain et la qualité de vie dans celui-ci. Par l’étude de plans, de photos d’archives et de rencontres avec les habitants et commerçants, j’ai souhaité mettre en lumière la réalité des volontés politiques qui plaident pour des améliorations urbaines bénéfiques aux citoyens grassois. Est-ce une couverture afin de masquer des enjeux économiques ? Cet article  cherche à révéler comment ce boulevard urbain refait un bout de ville pour redonner du sens à la ville.

Grasse / Boulevard / Réaménagement / Habitants / Qualité de vie / Piéton / Tourisme

L’urbanisme transitoire du jardin Levat à Marseille

TAVEAU Matthis

En trois ans, le couvent Levat dans le quartier de la Belle de Mai à Marseille est passé d’un lieu de vie autarcique à un élément du projet urbain métropolitain de Quartiers Libres. Entre les deux, l’association Juxtapoz l’a transformé en une cité d’artistes par le biais d’un processus d’urbanisme transitoire. Pour comprendre les rouages de ce projet, je me suis attelé à comprendre les jeux d’acteurs impliqués dans celui-ci. Cette méthode m’a permis de m’intéresser à la façon dont l’urbanisme transitoire est mis en place au Couvent Levat, en analysant les rôles et la légitimité des personnes investies dans celui-ci. J’ai ainsi pu saisir le déroulement de ce projet depuis sa genèse à son état actuel (2017), en suivant les différents évènements qui l’ont conduit à être ce qu’il est aujourd’hui. J’ai observé comment les liens ou les désaccords des nombreuses personnes investies impactent la fabrication de la ville.

Jeux d’acteurs / Rôle / Légitimité / Urbanisme transitoire / Couvent Levat / Projet urbain/ Marseille

TERZIANO Simon

L’ensemble de logements de la Tourette : les identités d’un ensemble moderne dans le Panier à Marseille

L’irruption de la modernité dans les villes européennes du XIXème siècle a durablement modifié leurs formes. La violente destruction du Vieux-Port a été l’occasion d’une transformation accélérée des quartiers les plus anciens de Marseille qui ont une autre temporalité. La ville d’aujourd’hui est formée d’une stratification d’éléments différents. La juxtaposition de l’ensemble de logements modernes de la Tourette avec le quartier du Panier interroge sur la continuité d’un quartier malgré des changements soudains de sa forme urbaine.

Le statut de l’ensemble de logements de la Tourette est étudié au travers de son identité par rapport au quartier du Panier. Celle-ci est d’abord produite par le discours des acteurs qui entreprennent cette construction. Les identités communes ou individuelles se créent et se transforment ensuite en fonction des pratiques des lieux et des valeurs que les individus lui attachent. Les individus s’identifient à différents lieux sur différentes échelles qui souvent remettent en question la notion de quartier. Aussi, ce dernier peut changer et ne plus correspondre aux individus.

Ensemble moderne / La Tourette / Pouillon / Identité des lieux / Quartier / Le Panier

 ZAIDI Daouia

Le Hausprojekte : la fin d’une lutte pour le droit à la ville ?

Le Hausprojekte est un concept de projet de vie commune que l’on retrouve en Allemagne. Descendant du squat activiste, il est d’autant plus engagé dans les luttes socio-politiques qu’il nourrit une contre-culture urbaine qui lui est propre. Au travers de ma rencontre avec le Rote Insel et les habitants de Friedrichshain et Kreuzberg – l’arrondissement où il se situe – j’ai tenté de comprendre l’évolution de ce concept et cherché à mesurer l’impact qu’il peut avoir sur la ville. Cela m’a amené à aborder les notions d’hospitalité, d’entraide et de gentrification. Avec un historique du mouvement du squat, j’ai pointé les évènements marquants de son évolution et ce qui a permis l’émergence du Hausprojekte. De par mon immersion dans le Rote Insel, j’ai ensuite tenté de saisir les dynamiques qui régissent la vie de ses habitants et la manière dont l’espace conçu par ses derniers répond aux principes de vie commune qui les incitent à s’y installer. Dans une ville qui tend à se gentrifier, l’ouverture de cet espace à la vie de quartier permet d’offrir une pratique diversifiée aux citadins. Ainsi, son architecture et son existence, en tant qu’élément de contre-réservation du patrimoine bâti berlinois, m’a amené à interroger le rôle que ce Hausprojekte joue dans le processus de gentrification que connait aujourd’hui la métropole berlinoise.

Squat / Berlin / Hausprojekte / Légalisation / Hospitalité / Gentrification / Contre-culture

Étudiantes et étudiants ayant soutenu un TPER (travaux consultables à la bibliothèque) :

  • Léa Metlaine, Être aveugle ou malvoyant à Marseille; la cécité à l’épreuve de la ville, sous la dir. de N. Monnet, juin 2019, (stage recherche au CRESSON, ENSA Grenoble).
  • Louis Oberti, Les mécanismes de projet des collectifs et associaitions du champ architectural dans la Jungle de Calais, sous la dir. de J. Métais et N. Monnet, juin 2019, (stage recherche à Project[s], ENSA Marseille).
  • Lorena de Cárita Dantas Tuma, S’inspirer de la nature-culture amazônida pour penser le devenir des villes à partir du cas d’étude de Rio Branco, État d’Acre, Brésil, sous la dir. d’A. Hérat et A. Cecconi, septembre 2020, (stage recherche au LAA, ENSA La Villette).

Responsables de l’enseignement :

Nadja Monnet et Matthieu Duperrex

Équipe enseignante :

À géométrie variable selon les semestres. Y participent ou y ont participé : Arlette Hérat (urbaniste-architecte), Jean-Marc Huygen (ingénieur-architecte), Arianna Cecconi (anthropologue), Évelyne Bachoc (plasticienne), David Mateos Escobar (géographe-urbaniste), Julie Métais (anthropologue), Claire Bullen (anthropologue), Julia Rostagni (photographe), Arnaud Sibilat (architecte DE) ;

Avec les invités extérieurs suivants :

Francisco Cruces (anthropologue, UNED-Madrid), Daniel Pinson (architecte DPLG, professeur émérite, TELEMME-AMU), Nava Meron (architecte, LAA), Kathrin Wildner (anthropologue, HafenCity Universität, Hambourg), Lorena Lopez (doctorante,visiting LAA, Université fédérale de México), Nancy Ottaviano (architecte, LAA, Association Quatorze), Elisa Campos (post-doc, Université de Bel Horizonte, Brésil), Valeria Mantello (psychologue).