Axes de recherche

Les présupposés théoriques et méthodologiques suivis depuis le début de nos activités de recherche sont les suivants :

Il s’agit d’abord de contribuer à la construction d’inventaires raisonnés et de bases de données graphiques et cartographiques.

Nos travaux d’inventaire ou de pré-inventaire se sont dès l’origine développés à la demande ou en concertation avec l’institution des monuments historiques (Inventaire et Conservation des MH) et des collectivités territoriales (Conseils Généraux). D’abord orientés sur des logiques de programmes et thématiques (types vernaculaires marseillais, hôtels de ville dans les Bouches du Rhône…) ils se sont progressivement scindés en relation avec les axes problématiques de recherche.

Il s’agit ensuite de développer des travaux de recherche monographiques, comparatifs et de synthèse, guidés par deux principes. Le premier, théorique, concerne l’analyse du projet d’architecture à toutes les échelles comme révélateur de pratiques et de représentations qui mettent en jeu la question du rapport local/global, les enjeux de modernité et ceux identitaires. Le deuxième, méthodologique, consiste à privilégier une lecture de l’espace comme forme, comme dispositif rationnellement instrumenté dans le projet.

Notre « éthique » de recherche est une méthode qui suppose une double démarche : « celle qui va chercher dans l’histoire des rapports sociaux les éléments nécessaires à la compréhension de la formation des espaces ; et celle qui informe la connaissance que nous pouvons avoir des rapports sociaux par l’analyse des configurations spatiales » (Ch. Devillers).

 

L’essentiel de nos travaux s’est inscrit, depuis l’origine, dans deux axes de recherche. Un troisième axe associant la thématique du patrimoine à celle de l’histoire a été développé plus récemment :

Mutations urbaines et projet urbain

Inspirés des travaux italiens et français des années 60 et 70 sur la typo-morphologie nos premières investigations ont concerné Marseille, avec parfois des ouvertures comparatives (Méditerranée et Europe) : les dynamiques et mutations de la ville-portuaire, la double-résidence en Méditerranée (bastides), l’atlas des formes urbaines (types et étapes de croissance) de Marseille…

Les aspects les plus récents de cette approche traitent d’une part de l’atlas des formes suburbaines de l’aire métropolitaine marseillaise et des processus de formation de la ville-nouvelle des rives de l’Etang de Berre (histoire urbaine et morphogenèse), et d’autre part des formes de la Reconstruction à Marseille (architectures et projets urbains).

Par ailleurs, la commune de Gardanne a servi de test pour initier la recherche sur la Structuration historique et patrimoniale du territoire du bassin minier de Provence, la finalisation de ce travail se fera en élargissant l’aire d’analyse à l’ensemble des communes du bassin minier.

Le projet architectural : modernité et identité

Inspirés par la tradition inaugurée par Pierre Francastel d’une « sociologie de l’art », par les acquis d’une « histoire critique » de l’architecture (Tafuri, Frampton, Curtis) et par une approche plus spécifique à la discipline architecturale dite « archéologie du projet », nos travaux traitent de l’implication des architectes dans la construction d’un territoire et d’une identité spécifique (Marseille, Provence et Côte d’Azur, Méditerranée). Successivement, Le Corbusier, Pierre Puget, Fernand Pouillon et Charles Garnier, ont été l’objet d’études approfondies conduites sous cet angle, d’expositions et de publications.

Les chantiers et les ouvrages les plus récents inaugurent une vision plus transversale (CIAM 9 d’Aix-en-Provence en 1953, groupe CIAM-Alger) qui permet de mettre en évidence une tendance critique de la modernité architecturale, attentive aux dimensions ethnographiques et identitaires dans la « construction » (théorique) de l’habitant et de son habitat.

Le patrimoine de la modernité

Les travaux d’inventaire et d’analyse du patrimoine des « Trente Glorieuses » participent au grand et nouveau chantier ouvert par le milieu de la recherche sur l’architecture et l’urbanisme de la période. La connexion de ces travaux avec les demandes des institutions (Conseils Généraux, DRAC de PACA), notamment sous l’angle des procédures du « label patrimoine du XXe siècle » engage notre regard et notre travail d’évaluation sur un terrain qui mobilise l’histoire mais qui déborde le champ de la recherche stricto-sensu pour celui de la construction sociale du patrimoine. En témoigne notre participation aux commissions qui délivrent le label Patrimoine XXe siècle des DRAC des régions PACA et Languedoc.

Notre première ambition est d’élargir les démarches de pré-inventaire du patrimoine architectural des « Trente glorieuses » (finalisée sur les Alpes-Maritimes et amorcée sur le Var) à l’ensemble des départements de la région PACA. Il s’agira aussi d’amorcer une réflexion nouvelle sur la notion même de patrimonialisation, notamment autour des conflits de mémoire et d’usage par le biais d’une ouverture comparative sur d’autres terrains méditerranéens.