Miramas
Workshop IMVT - Franges urbaines métropolitaines fragiles
- Workshop IMVT
En bref
Sous la direction de
Margaux Tissot - ENSAM
François Wattellier - ENSP
Ornella Zaza - amU-IUAR
Lieu
Miramas
Cursus pédagogiques
Présentation
Enjeux du terrain
Miramas occupe une position singulière dans l’ouest de la métropole Aix-Marseille-Provence, à l’interface entre la plaine de la Crau, l’étang de Berre et le complexe industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer. Son développement urbain est historiquement fortement lié au chemin de fer et à l’industrialisation de l’étang de Berre et de Fos, qui ont profondément transformé la structure démographique et résidentielle de la commune. La ville présente ainsi une organisation urbaine relativement polarisée autour d’un centre ancien et de la gare, tandis que plusieurs quartiers d’habitat collectif se sont développés à partir des années 1960-1970 pour accompagner l’industrialisation. Miramas constitue ainsi un territoire particulièrement intéressant pour interroger les relations entre la ville industrielle et son tissu social, les extensions urbaines mal articulées, et transition écologique d’un territoire caractérisé par un passé agricole et un processus de désindustrialisation.
Les secteurs de la Maille 1 - Mercure, la Maille 2 et la Maille 3, situés au nord de la commune, illustrent particulièrement bien cette situation géographique et l’histoire socio-économique. Ainsi, ils donnent à voir les diverses typologies bâties de logements sociaux des Trente Gorieuses, entre des tours et des barres, des immeubles plus modestes mais toujours en manque de qualité des espaces publics, des constructions inspirées de l'architecture organique des années 1980. Ainsi, ils donnent à voir la diversité des typologies bâties du logement social, des Trente Glorieuses aux années 1980 : tours et barres, immeubles plus modestes, souvent marqués par une faible qualité des espaces publics, mais aussi constructions inspirées de l’architecture organique. Le secteur de la Maille 1, en particulier, a constitué le terrain d’étude d’une réflexion sur les possibilités d’intensification de ces quartiers prioritaires et périphériques, confrontés à plusieurs fragilités : une déprise progressive des commerces de proximité, un réseau encore limité de transports en commun et de mobilités actives, des liens à retisser avec le quartier pavillonnaire voisin des Molières, ainsi que des aménités paysagères proches, mais peu valorisées et difficilement accessibles. Comment composer un projet d’intensification urbaine à partir d’un héritage bâti qui contraint fortement les opérations possibles mais qui reste à préserver, et d’un contexte social en difficulté mais qui reste la clef de voûte d’un projet réussi et approprié par ses habitants ?
Habiter les sols
Equipe
Marie ANDREANI / ENSAM - Claire BITOUZET / ENSP - Pierre-Jean CHAUVIN DE PRÉCOURT / ENSP - Raphaële LE MOAL / ENSAM - Célia MARGUET / IUAR - Clarice PASSAT / IUAR
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Le quartier des Molières est un QPV en plaine, à Miramas, situé à proximité d’un lac et des lisières naturelles. Les espaces publics y sont peu aménagés, dominés par la voiture et largement imperméabilisés. Les trottoirs sont discontinus, les rez-de-chaussée fermés et les espaces naturels sous-exploités, rendant le quartier peu propice à la sociabilité et limitant les interactions entre habitants. L’analyse montre que le sol et les rez-de-chaussée constituent un levier central pour renforcer le lien social et refonder le quartier.
Trois enjeux structurent le projet : favoriser des mobilités douces et sécurisées, activer les rez-de-chaussée comme espaces de rencontre et valoriser les espaces verts. La stratégie consiste à requalifier les cheminements piétons et les entrées de quartier, à activer les rez-de-chaussée avec commerces, locaux associatifs et espaces partagés, et à désimperméabiliser les sols pour créer des continuités entre bâti et nature.
Le projet s’articule autour de la création d’un espace de sociabilité au centre du quartier, associant jardin partagé et rez-de-chaussée actif, qui devient le cœur du quartier et support d’usages quotidiens et intergénérationnels, valorisé par la requalification des porches afin de le rendre visible et attractif. Le parking nord est transformé en espace perméable, constituant une séquence paysagère guidant les habitants vers le centre.
Les outils mobilisés assurent une mise en œuvre progressive et durable : l’occupation temporaire des rez-de-chaussée dynamise le quartier, teste les usages et crée du lien social ; les jardins partagés désimperméabilisent les sols et contribuent au rafraîchissement urbain, tout en étant gérés de manière différenciée selon les usagers ; enfin, la sensibilisation favorise l’appropriation du projet par les habitants et garantit son entretien et sa durabilité dans le temps.
Habiter les seuils – infra-lisières
Equipe
Juliette HUBERT / IUAR - Margaux ISSELIET / ENSP - Jeanne JAY / IUAR - Emilien JOUBERT / ENSP - Théo LARMINAT / ENSAM - Etienne PRADER / ENSAM
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En arpentant le quartier des Molières à Miramas, nous avons observé les porches des grands ensembles, ces raccourcis permettant des traversées entre bâtiments, qui ont été l’occasion d’analyser les lisières à petite échelle. Le projet propose un aménagement visant l’intensification des usages grâce à une approche spécifique des lisières, considérées comme des seuils, c’est-à-dire des lieux marquant l’entrée vers un nouvel espace, des points de passage en transition matérialisant à petite échelle ces espaces. Cette idée de seuil est appliquée à trois niveaux : micro (porches et pas de porte), intermédiaire (habitations) et macro (entrées du quartier et liens avec les quartiers Maille 1, Mercure et Maille 2 ainsi qu’avec le reste de la ville). Le terrain a révélé que l’espace public est partiellement aménagé mais souvent dégradé, et la proposition se concentre sur l’intensification des usages en considérant les seuils comme des outils spatialisés capables de traiter de multiples enjeux.
Le projet se centre sur la connexion de la Maille 1 Mercure et de la Maille des Molières, en créant des continuités via le prolongement de la voie jardinée de la Maille 1, la piétonnisation partielle du boulevard et le réaménagement de la place du marché. Le nouvel espace résidentiel intègre l’allée jardinée et relie de manière sécurisée l’école du Lac, tandis que le seuil Nord-Sud permet de créer des cheminements apaisés vers le lac, mis en valeur par un belvédère. Au sud, un cheminement améliore la promenade jusqu’au porche du lycée et à l’espace en friche. La marchabilité du quartier conduit à reconsidérer les entrées pour l’ouvrir sur la ville. La prolongation de l’allée jardinée traverse les trois porches réaménagés pour déboucher sur un espace dédié aux enfants, avec végétalisation et ouverture de la cour d’école. Les espaces de sociabilité sont renforcés par la création d’une buvette sur la place du marché et le réaménagement des abords des commerces comme le PMU. Ainsi, les seuils deviennent des lieux de passage agréables, incitant les habitants à s’approprier pleinement le quartier.
TISSER L’AXE OUEST-EST DES MOLIÈRES
Equipe
Iwan GERNIER / IUAR - Nathalie LONCLE / ENSP - Clémence PLANÈS SERENA / IUAR - Julie THIRREE / ENSAM - Elias ZNIBER / ENSP
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Le projet propose d’ouvrir le quartier des Molières sur ses espaces attractifs environnants ainsi qu’en son sein, en affirmant une logique de transversalité Ouest‑Est. Trois axes majeurs structurent cette stratégie d’ouverture et de requalification spatiale.
Au Nord, la transformation du boulevard Saint‑Exupéry prolonge le boulevard de l’Olympie : une voie partagée pour les modes doux, une allée plantée et une trame paysagère continue jusqu’au cœur du quartier. Ce boulevard structurant reconnecte les Molières à leurs espaces attractifs voisins : lac de Saint-Suspi, complexe sportif, futur collège, centre commercial et plaine de la Crau.
Cet axe devient un espace d’interface entre plusieurs lieux du quartier : il est articulé à la nouvelle place du marché, pôle vivant mêlant logements intermédiaires et collectifs bas, commerces et espaces publics ouverts.
Au sud, la requalification de l’avenue Jean‑Mermoz et la création d’un parvis central devant le théâtre et le lycée matérialisent l’ouverture physique du quartier. Ce nouvel espace public joue un rôle d’articulation entre le centre‑ville, les Molières et le lac de Saint‑Suspi ; il est conçu comme un lieu de convivialité, structuré par des continuités piétonnes et visuelles vers les cœurs d’îlots. Ce parvis ombragé devient une véritable porte d’entrée vers le quartier et un repère identifiable depuis les axes principaux.
Enfin, une traversée centrale Ouest‑Est facilite les déplacements et la marchabilité intra-quartier. Véritable colonne vertébrale, elle connecte équipements, logements et espaces publics, tout en favorisant la marchabilité et les continuités paysagères du quartier. Autour d’elle, les pieds d’immeubles et les places seront requalifiés pour accueillir un parc de proximité, des jardins familiaux et des locaux associatifs. Cette traversée, clairement identifiée et lisible, structurera le cœur du quartier et facilitera l’orientation des habitants dans leurs déplacements quotidiens. Elle redonne de la cohérence au quartier des Molières : un quartier ouvert et aéré, relié à son environnement par un maillage de traversées et d’espaces publics continus. Le projet façonne donc un nouveau paysage pour le quartier qui devient plus poreux, lisible et reconnecté à ses espaces attractifs environnants.