Bench-67
Un banc expérimental dans le patio de l’IMVT.
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Cursus pédagogiques
Présentation
C'est dans le cadre de l'option "Outils paramétriques » du S 6, encadrée par Aziz Boukara que les étudiants ont conçu, fabriqué et installé "Bench-67", un banc expérimental implanté dans le patio de l’école.
Pensé selon un processus itératif, chaque strate de bois procède d’une variation du modèle numérique, créant une transformation continue plutôt qu’une simple répétition. Installé dans un patio déjà investi par les usages collectifs — pauses, rencontres, musique ou événements — le projet vient révéler et requalifier cet espace ouvert, conçu comme un lieu d’arrêt, d’attention et de partage.
Inauguré le 22 mai 2026, Bench-67 est désormais installé dans le patio de l’IMVT, pour le plus grand plaisir de toutes et tous.
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Récit "Banc itératif — requalifier un lieu"
Itératif : le terme désigne ici un processus où chaque élément procède du précédent par variation maîtrisée. Chaque strate de bois est ainsi le résultat d’un recalcul du modèle numérique, une transformation continue plutôt qu’une répétition.
Le patio, vaste et ouvert, accueille déjà des usages partagés — pause de midi, soirées, musique. C’est précisément cette disponibilité qui en fait le support du projet : un espace d’arrêt et d’attention, où le regard circule, et où une réalisation expérimentale peut s’inscrire sans contrainte, venant à la fois révéler et requalifier le lieu.
Cette démarche apporte principalement :
- Adaptabilité : le projet évolue automatiquement en fonction des contraintes (site, climat, usages…).
- Optimisation : possibilité de tester rapidement de nombreuses variantes (orientation, éclairage, confort, structure…).
- Cohérence systémique : les modifications locales se répercutent globalement de manière contrôlée.
- Gain de temps en phase exploratoire : génération rapide d’alternatives plutôt que re dessin manuel.
En synthèse, c’est un passage d’une logique de dessin à une logique de système génératif piloté par des données.
Le banc ne se dessine pas d’un seul geste : il se construit par sédimentation, une accumulation de strates de bois, chacune décalée, infléchie, presque imperceptiblement différente de la précédente. De cette répétition naît une forme continue, souple, presque organique, comme si le matériau avait trouvé seul son équilibre.
Pour accompagner cette logique, le projet s’est appuyé sur Rhino-Grasshopper. Non pas comme un outil technique au sens strict, mais comme un dispositif de réglage fin, capable de maintenir la cohérence de ces micro-variations tout en laissant la forme se transformer. À cette échelle de précision, le dessin manuel cède la place à une écriture paramétrique, où chaque relation compte.
Ce que l’outil introduit, c’est un lien opératoire entre l’idée et sa matérialisation. La géométrie n’est plus une finalité en soi : elle émerge d’un faisceau de contraintes
— usage, matière, contexte — qui en orientent la trajectoire. Ainsi, lorsque l’un des paramètres évoluent, qu’il s’agisse du budget, du site ou du système constructif, le projet ne se fragmente pas : il se reconfigure, en conservant la continuité de son écriture. Cette capacité d’ajustement distingue profondément l’approche paramétrique du dessin manuel. Il ne s’agit pas d’une liberté formelle détachée du réel, mais d’une manière de faire qui intègre d’emblée les conditions du projet, et qui permet de les absorber sans jamais rompre la logique initiale.
Le paramétrique devient alors analogue au compas du bâtisseur : non pas un générateur de forme, mais un instrument de maîtrise. Il ne décide pas, il tient l’intention, assurant que, malgré les variations, le projet reste fidèle à sa logique initiale.
La fabrication s’est organisée comme un travail partagé, presque chorégraphique. 19 étudiants ont œuvré de concert : reporter, couper, poncer, assembler — chacun intervenant sur une strate, mais tous contribuant à un même corps. Ce fractionnement des gestes n’a pas seulement accéléré l’exécution ; il a rendu possible la réalisation même de l’objet. Car c’est dans cette simultanéité, dans cette répartition précise des tâches, que la complexité de la forme devient opérable, tenue collectivement sans jamais se dissoudre.
Il vous reste désormais à l’éprouver : vous y asseoir, vous y adosser, en faire le tour. Le projet ne s’achève pas dans sa fabrication, mais dans l’usage qu’il appelle, dans les gestes qu’il suscite et les appropriations qu’il rend possibles.
Ainsi, entre intention, matière et usage, le projet trouve son équilibre, non comme une forme figée, mais comme une présence ouverte, prête à être habitée.
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