Stéphanie David
Stéphanie David
Grégoire Lafarge
La conception à partir d’édifices existants transforme assez radicalement l’approche de l’architecture depuis deux décennies.
Véritable enjeu pour l’architecture, et au-delà pour les établissements humains, la proposition de nouveaux espaces à partir d’édifices existants, le projet vu comme réparation voire maintenance, invitent à un adossement critique et théorique indispensable pour donner sens à ces mutations rapides de la pratique de conception.
Si la transformation d’édifice existants peut être considérée comme la condition naturelle de l’architecture tout au long de son histoire (cathédrales, châteaux se reconstruisent incessamment sur eux-mêmes depuis des siècles), la longue parenthèse du XXème siècle et du mouvement moderne a éclipsé cette condition élémentaire au profit de la page blanche, motrice d’un renouvellement des formes construites assez spectaculaire, conjointement à l’industrialisation des procédés de construction.
Le XXIème siècle remet la question du temps et de la continuité au cœur des réflexions. Le nouveau millénaire s’accompagne d’une crise de la temporalité : faut-il construire pour durer, ou au contraire pour ne pas laisser de traces ? Penser l’édifice nouveau pour qu’il s’inscrive dans le temps long de l’histoire; ou pour qu’il soit déconstructible de manière aussi évidente qu’il est constructible ?
Cette crise de la temporalité procède d’une autre crise, celle de la ressource : protection des sols, épuisements des ressources pour construire, nous engagent à une approche circulaire :faire avec ce quia déjà été extrait, déjà pensé, déjà édifié. Loin de nous faire baisser les bras, ces crises sont un véritable stimulant pour envisager une nouvelle ère de l’architecture, inventive, créative et enthousiasmante.
Pour ce faire, il convient de doter les étudiant·es d’un solide bagage conceptuel et théorique leur permettant d’étayer leur posture de projet en les inscrivant dans une histoire plus ancienne que la crise actuelle, leur permettant de trouver dans le temps long de l’histoire des adossements, des continuités fertiles pour éviter le vertige de l’inconnu qui nous attend à l’ère de l’anthropocène :
Dispositifs de représentation documentant le flux des transformations de l’existant
Évaluation du carnet de notes (écrites et dessinées) prises dans le temps du cours et augmentées des apports personnels de l’étudiant.
Le détail des séances
Cours 1 : Réhabiliter, restaurer, rénover, réemployer : la gamme en -ré- de l’architecture
Cours 2 : L’infinie capacité de l’espace architectural à se métamorphoser
Cours 3 : Les cycles de la matière confrontés aux cycles du temps : divergences et confrontations
Cours 4 : Construire pour durer ou construire pour ne pas laisser de traces : la mémoire à l’épreuve de la réversibilité
Cours 5 : Vers une révolution de la représentation, documenter le flux constant de la matière et de ses transformations dans l’édifice
Cours 6 : Architecture de la transformation, ou la quête d’une esthétique pour l’anthropocène
Convoquer les moyens théoriques et pratiques de l’architecte, reconnaître et mobiliser le langage, notre langage, celui qui rassemble les métiers qui gravitent autour de l’acte de construire.