Publication des enseignants

2022

L’architecture en ses écoles – une encyclopédie au XXè siècle
Collectif (sous la direction d’Anne-Marie Châtelet, Amandine Diener, Marie-Jeanne Dumont et Daniel Le Couédic)

L’architecture en ses écoles – une encyclopédie au XXè siècle – Édité par les Éditions Locus Solus, Châteaulin, novembre 2022. 704 pages. ISBN : 978-2-36833-276-4

Cet ouvrage titanesque clôt la grande recherche nationale HEnsA20 (Histoire de l’Enseignement de l’Architecture en France au XXe siècle), dont l’ensa•m a accueilli le cinquième séminaire le 30 novembre 2018. Plusieurs notices ont été rédigées par les enseignants-chercheurs de l’école,  telles celles d’Ana Bela de Araujo , Fabricia Fauquet, Jean-Lucien Bonillo, René Borruey (Laboratoire INAMA) ou Christel Marchiaro (laboratoire Projet[s]).

« CRASH METROPOLIS • Design écosocial et critique de la métropolisation des territoires »
Ludovic Duhem (direction)

CRASH METROPOLIS – Design écosocial et critique de la métropolisation des territoires – Édité par les Éditions T&P, octobre 2022. 246 pages. ISBN : 979-10-95513-11-7

Avec les contributions de : Peter Berg (artiste et  écologiste), Augustin Berque (philosophe et géographe), Gwenaëlle Bertrand (designer), Andrea Branzi (designer), Stany Cambot (architecte et réalisateur), Gilles Clément (biologiste et jardinier), Jens Denissens (urbaniste et paysagiste), Abderrahmane Doukkane (photographe), Matthieu Duperrex (philosophe), Guillaume Faburel (géographe et politiste), Axelle Grégoire (architecte et cartographe), Christophe Laurens (architecte et paysagiste), Alberto Magnaghi (architecte et urbaniste), Nancy Morita (illustratrice), Camille de Toledo (écrivain et artiste), Cyrille Weiner (photographe), Joëlle Zask (philosophe).

Le risque majeur de notre époque est celui d’un crash territorial total. La métropolisation à marche forcée provoque la marchandisation des territoires et la dégradation des milieux qui les rendent habitables.  Ce volume tente d’y répondre en réunissant chercheurs, concepteurs et activistes reconnus pour leur engagement. Leurs contributions examinent l’implication directe des designers, architectes, urbanistes et artistes pour comprendre leur responsabilité et les potentiels de « réhabitation » que ces pratiques peuvent porter.
Dans ce travail de « recherche-édition » richement illustré les différents régimes de discours (textes et images) et les propositions graphiques soutiennent l’esprit critique et expérimental du projet.


« éCoHabiter des environnements pluriels »
Muriel Girard (co-direction)

Cahiers Transdiciplinaires – Collection Habiter – Édité par les Editions Imbernon, 2022. 174 pages. ISBN/EAN : 9782919230341

Muriel Girard a co-dirigé ce volume avec Béatrice Mésini, chargée de recherche au CNRS, URM Telemme.
Sylvia Amar, membre associée du laboratoire INAMA a écrit l’article intitulé « (S’)Inspirer sans modéliser. Les écovillages, laboratoires d’un « éco-habiter mondialisé ». 

Le volume « éCoHabiter » a pour ambition d’approfondir la réflexion sur les modes d’habiter et les formes de cohabitation centrés sur une approche écologique, économique et solidaire. En partant de la relation entre les êtres humains et leur environnement, du proche au lointain, chaque mode d’habiter est singularisé ici par l’étude de son « environnement ».

Le véritable enjeu de l’histoire est la contemporanéité.
Mélanges offerts à Joseph Abram
Collectif (sous la coordination Ana bela de Araujo, Émeline Curien, Pierre Maurer et Karine Thilleul)

“Le véritable enjeu de l’histoire est la contemporanéité. Mélanges offerts à Joseph Abram”, Éditions Jean-Michel Place, septembre 2022, 1 Vol. (288 p.), ISBN : 978-2-38358-009-6

Ces langes offerts à Joseph Abram à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire, paraissent sous le titre Le véritable enjeu de l’histoire est la contemporanéité. Ils rassemblent une soixantaine de textes de chercheurs, architectes, anciens élèves ou amis de cet enseignant, historien et critique d’architecture reconnu en France comme à l’étranger. Si ces écrits – qui prennent les formes plurielles de l’article scientifique au billet plus personnel – permettent de mieux comprendre l’homme, son parcours, ses engagements, et de revenir sur son exigence intellectuelle et sa bienveillance, ils participent aussi de la réflexion sur les enjeux de l’architecture du XXè siècle et de l’enseignement de celle-ci. Ils approfondissent les connaissances sur les travaux d’Auguste Perret et de ses élèves. Ils parcourent les territoires du rationalisme constructif, permettant la réévaluation de l’histoire de l’architecture moderne, et constituant des clefs de compréhension des productions contemporaines. Ils participent de la réflexion sur le patrimoine du XXè siècle et les enjeux de sa préservation et de sa transformation. Dans le champ de l’enseignement, ils rendent explicite une approche critique de la pédagogie, fondée sur la reconnaissance de la cohérence interne des doctrines et de leurs effets sur les productions spatiales et théoriques. Ils abordent l’exposition d’architecture comme pratique spatiale, mais aussi lieu de construction créative de la recherche. Ils intéresseront ceux qui ont côtoyé Joseph Abram, mais aussi très largement ceux qui – chercheurs, étudiants, enseignants, architecte, – cherchent à mieux saisir l’histoire de l’architecture pour construire nos milieux de vie contemporains.   

Ana bela de Araujo / Doonam Back / Nadège Bagard / Caroline Bauer / Laurent Beaudouin / Jean-Claude Bignon / Philippe Boudon / Vincent Bradel / Yann Caclin / Marie-José Canonica / Alain Cardon / Alain Cartignies / Bénédicte Chaljub / Olivier Cinqualbre / Jean-Jacques Clauss / Jean-Louis Cohen / Catherine Coley / Hélène Corset Maillard / Émeline Curien / Yvan Delemontey / Patrick Devanthéry / Roger Diener / François Dietsch / Vincent Dietsch / Lorenzo Diez / Vincent Duteurtre / Jean-Pierre Epron / Pierre-Louis Faloci / Gilbert Fastenaekens / Stanislas Fiszer / Élise Flick / Franz Graf / Denis Grandjean / Annette Haudiquet / Pierre Hebbelinck / Roland Huesca / Aurélie Husson / Christian Kerez / Richard Klein / Dominique Koessler / Guy Lambert / Inès Lamunière / Paul Landauer / Béatrice Laville / Albert Longo / Giulia Marino / Pierre Maurer / Eva Mendgen / Norbert Mendgen / Giovanni Pace / Élise Pagel-Prévoteau / Christophe Perret / Diego Peverelli / David Peyceré / Édouard Philippe / Lucile Pierron / Jean-Michel Place / Alain Potoski / Kenneth Rabin / Bruno Reichlin / Rudy Ricciotti / Raphaëlle Saint-Pierre / Alain Sarfati / Karine Thilleul / Benoist Thomas / Édith Villa / Steven Vitale / Pascal Volpez / Jean-Marc Weill / Romain Zattarin  



Arcadie altérée
par Matthieu Duperrex

Cet article de Matthieu Duperrex est paru le 14 septembre 2022 dans Le Un Hebdo n°414 qui est disponible à la bibliothèque de l’ensa•m.

 

 

La rivière et le bulldozer
par Matthieu Duperrex

Collection « Carnets Parallèles / La vie des choses ». Numéro 7. Parution : 25 août 2022
Édité par Premier Parallèle, en  partenariat avec la revue Techniques et Culture, Paris, 2022. 136 pages. ISBN : 978-2-86364-376-1  • ISBN numérique : 9782850611315
Résumé :

En un temps très court de leur histoire, les humains ont transformé la planète, au prix du dérèglement climatique et de la détérioration des écosystèmes. Cette « compétence » inattendue, ils la doivent aux relations qu’ils ont entretenues avec les sédiments, c’est-à-dire avec l’ordre minéral. Alors qu’on souligne avec de plus en plus d’insistance la nécessité de faire davantage de place au vivant, le parti pris ici est de nourrir la pensée écologique à l’aide d’une description attentive de l’essence géologique de l’être humain, en commençant par suivre à la trace un galet de rivière.
Des civilisations, nous savions qu’elles étaient mortelles, ce dont des ruines et autres héritages attestent pour l’archéologie. Mais qu’elles deviendront fossiles et seront léguées comme telles, c’est ce que ce petit essai enlevé et érudit entreprend de décrire.

Matthieu Duperrex enseigne à l’École nationale supérieure d’architecture de Marseille. Ses travaux procèdent d’enquêtes de terrain sur des milieux anthropisés et croisent littérature, sciences-humaines et arts visuels. Il est l’auteur de Voyages en sol incertain (Wildproject et La Marelle, 2019).

Une cité-jardin moderne
par Élise Guillerm

Collection « Architectures ». Parution : janvier 2022
Édité par Parenthèses, Marseille, 2022. 176 pages. ISBN : 978-2-86364-376-1

Avant-Propos de Jean-Louis Cohen

Résumé :

Parés d’un rose qui fait leur unité, les immeubles de la cité‑jardin de la Butte‑Rouge à Châtenay‑Malabry se découpent sur le paysage verdoyant de la forêt de Verrières. Habitations de petite hauteur, «demi‑lune» monumentale, «gratte‑ciel» local, écoles, église… sont subtilement disposés selon les courbes du relief, au gré de l’espace laissé libre par des arbres séculaires. Cet ensemble homogène érigé sur plusieurs décennies, très tôt labellisé «Patrimoine du xxe siècle», ne manque pas d’arguments pour revendiquer le statut de chef‑d’œuvre de l’architecture moderne. Projeté au début du xxe siècle, il peut aussi se targuer d’être un témoin précieux et encore intact du mouvement européen des cités‑jardins, porté par l’idéal d’un logement social de qualité. Pour autant, faute d’une protection suffisante, l’ensemble  de la Butte‑Rouge est la cible de projets qui, menés à terme, anéantiraient toute sa cohérence architecturale et paysagère et, avec, sa vocation première.

Banderoles, engagements ministériels, prises de parole de personnalités suffiront‑ils à sauver ce patrimoine jusque‑ là soigneusement réhabilité ? La pression foncière en région parisienne en aura‑t‑elle au contraire raison ? Conçu comme un lieu de sauvegarde de l’histoire de la Butte‑ Rouge, ce livre monographique qui plaide en faveur d’une préservation fidèle du bâti, souligne avec acuité les limites de l’action publique contre les dégâts de la spéculation immobilière et la banalisation des héritages récents. À sa façon, il appelle à ce que les icônes du logement social et collectif soient considérées en France comme de dignes empreintes de notre histoire architecturale, à défendre et à vivre.

 

Élise Guillerm est docteur en histoire de l’art de l’université Paris I (2015) et maître de conférences à l’École nationale supérieure d’architecture de Marseille. Ses travaux se développent autour de l’architecture du logement dans la période contemporaine.

2021

Esplaces. Espaces et lieux en partage
Sous la direction de Catherine Deschamps et Barbara Morovich
Avec une contribution d’Arlette Hérat et de Nadja Monnet

Collection « Anthropologie Critique ». Parution : 02 mars 2021
Édité par L’Harmattan, Paris, 2021. 280 pages. ISBN : 978-2-343-22429-9

Résumé :

Cet ouvrage questionne la notion polysémique d’espace et la tension qu’elle génère entre une anthropologie dans l’espace et dans les lieux (vus comme contexte) et l’anthropologie de l’espace et des lieux (vus comme objet). Un point de départ partagé réunit les différentes contributions : toujours considérer espaces et lieux à la fois dans leur épaisseur, leur matérialité, et pour leur portée immatérielle. Il s’agit dès lors d’ouvrir sur des formes de co-productions en actes entre espaces, lieux et sujets, groupes ou institutions. Quels acteurs, anthropologues, sociologues, politistes, philosophes, géographes, architectes, artistes, membres d’associations, s’affrontent à cette tension ? Leurs raisons, leurs méthodes, leurs intentions sont-elles communes, singulières ou soumises à controverses ?

Mmes Hérat et Monnet y relatent l’expérience d’un séminaire du domaine d’étude 4 aujourd’hui dénommé Bien vivre-Soutenabilité et hospitalité

Jean Dubuisson. La main et l’esprit moderne
par Élise Guillerm

Collection « Vues d’ensemble ». Parution : février2021
Édité par MétisPresses, Genève, 2021. ISBN : 978-2-940-56384-5

Préface de Simon Texier.

Résumé :

Architecte emblématique des Trente Glorieuses, Jean Dubuisson a œuvré près de trente ans à renouveler la pratique du dessin et de la construction, à la recherche de la modernité qui caractérisait son époque. Au milieu du 20e siècle, l’architecte propose un habitat lumineux, raffiné et ergonomique. L’attention particulière qu’il dédie au décor et au paysage ennoblit ses façades légères, par la création d’un vocabulaire moderne sinon moderniste. 

Or, le temps de Dubuisson est aussi celui des contestations et de la remise en question des grands ensembles. Toujours soumis au péril de la démolition ou d’une réinvention peu respectueuse, les bâtiments de l’architecte, tout à la fois fragiles et monumentaux, illustrent les évolutions complexes de la pensée architecturale et du logement dans les décennies que ses dessins ont traversé. 

Le présent volume met donc en perspective la trajectoire de l’architecte, sans négliger les conditions sociales, économiques et esthétiques qui l’ont soutenue. 

Au moyen d’archives souvent inédites, de photographies anciennes ou contemporaines, le lecteur peut découvrir ou redécouvrir un protagoniste incontournable de l’architecture, du design, de l’urbanisme et du paysage du 20e siècle, et forger son propre regard sur un héritage singulier, dont la modernité surprend encore. 

Fos – Étang de Berre. Un littoral au cœur des enjeux environnementaux
co-dirigé par Matthieu Duperrex

Rives méditerranéennes. N°61. Parution : 2021
Édité par Presses universitaires de Provence, Aix-en-Provence, 2021. ISBN : 979-10-32002-98-8

Visuel ©Matthieu Duperrex
Résumé :

Les espaces littoraux situés entre le grand Rhône et l’étang de Berre ont fait l’objet de projets d’industrialisation successifs qui frappent par leur démesure. Le golfe de Fos a été dédié à la pétrochimie, la métallurgie et au traitement des déchets. L’étang de Berre, affecté par des pollutions aux hydrocarbures, a été sacrifié sur l’autel de la production hydroélectrique. Les effets environnementaux ont été immédiats et se font encore sentir. Ce numéro spécial documente la catastrophe qui se joue sur ce territoire en même temps qu’il présente certaines pistes pour en sortir.

A Bestiary of the Anthropocene
avec notamment un texte par Matthieu Duperrex

Onomatopee. N°188. Parution : 2020
Édité par Onomatopee, Eindhoven, 2020. ISBN : 978-94-93148-44-4

® Crédits : Studio Incendo / Techniques&Culture
Résumé :

Dirigé par l’anthropologue Nicolas Nova, cet ouvrage collectif retrace quatre ans d’enquête et de modélisation graphique de 100 entités hybrides caractéristiques de l’Anthropocène, du platiglomérat au Covid19 en passant par les aigles chasseurs de drones et les chiens robots de surveillance.

Matthieu Duperrex, de l’ENSA•Marseille, y signe un chapitre sur les question de classification du vivant.
Présentation/commande, ici: http://www.bestiaryanthropocene.com

2020

Semer le trouble
Co-dirigé par Matthieu Duperrex

Techniques & Culture. N°74. Parution : 26 novembre 2020
Édité par les Éditions EHESS, Paris, 2020. ISBN : 978-2-7132-2840-7

® Crédits : Studio Incendo / Techniques&Culture
Vidéo de présentation
Résumé :

Si la situation n’est pas tenable, et si nous courons à la catastrophe, comment lutter contre la marche des choses ? Quels outils, quels moyens possédons-nous pour semer le trouble dans la mécanique des rapports de domination ? Ce numéro fait appel à notre expérience collective des formes de lutte, enquêtant sur les foyers de résistance, même circonscrits, même temporaires, qui s’élaborent et opposent aux gouvernementalités de nouvelles priorités, d’autres perspectives.

Les collectifs travaillent leurs outils autant que leurs convictions ; ils suspendent le temps, par adaptation ou détournement de choses et de dispositifs. De quelles techniques se dotent les subalternalisés devenus insubordonnés ? Comment la « mésentente », qui vient troubler l’idylle consensuelle de la politique, se trouve-t-elle lestée, instruite et équipée par les gestes et les instruments propres aux mouvements de lutte ?

Ce numéro est élaboré dans le contexte de la mobilisation contre des réformes qui mettent en danger la vitalité de l’enseignement supérieur et de la recherche. Par cette matérialisation en revue d’un désaccord têtu, Techniques & Culture propose un répertoire non exhaustif des actions qui sèment et cultivent le trouble

Sur Cairn : www.cairn.info/revue-techniques-et-culture
Sur revues.org : http://tc.revues.org

Projeter en maquette : les gestes et la matière comme arkhè
Par Christel Marchiaro.

Dans L’archaïque et ses possibles – Architecture et philosophie. Dirigé par Stéphane Bonzani. Parution : 06 novembre 2020
Édité par les Éditions Mètis Presses, Genève, 2020, 336p. ISBN : 978-2-940563-77-7

Résumé :
Ce sont les actes augmentés du colloque international “L’archaïque et ses possibles aujourd’hui”, organisé par le GERPHAU et le PhilAU, qui s’est tenu à la Cité de l’architecture et du patrimoine, en juin 2018.

Dans les années 1990, la conscientisation de la finitude de la Terre et l’innervation du monde par le numérique ont notamment entrainé une reconsidération de la matière. Depuis, les théoriciens de l’architecture ont montré l’émergence de nouvelles stratégies projectuelles non-compositionnelles (Lucan, 2015). Or, à cette époque, les architectes amorçaient une production grandissante de maquettes physiques, pour projeter comme pour montrer le processus de conception. J’avance que désormais, nombreux conçoivent essentiellement, voire directement, en volume. Si l’abstraction de la géométrie et la typologie réglaient le plan, qu’en est-il en maquette ? Entre pensée et faire, quelle influence a-t-elle sur la conception ?  

Les écrits sur la maquette convoquent régulièrement sa définition inaugurale en ouverture du livre II Matériaux du De re aedificatoria (Alberti, 1485). Mais quel rapport entre modulos et materia (dans le texte) ? La matière serait-elle la règle du modèle, par-là, celle du projet sur la forme et l’espace ?  

En décrivant les pratiques des artistes renaissants, le De Statua (Alberti, 1464) décrit les opérations manuelles de transformation de la matière : modeler-additionner, sculpter-soustraire, mouler-multiplier. Gestes du faire, archaïques et universels, ré-explorés par les avant-gardes et à nouveau aujourd’hui. Si ces opérations élémentaires valent pour fabriquer objets, sculptures ou maquettes, pour faire projet, elles doivent être complétées par une autre, intellectuelle, de transposition du matériau, diviser (comme les planchettes de la maquette albertienne, abstraction du mur en moellons issus de l’extraction de la pierre), qui comprend : diviser-empiler pour les éléments modulaires, diviser-équilibrer pour les éléments linéaires, diviser-plier pour les éléments surfaciques. En se combinant, ces opérations sont analogiques à la constitution du rapport espace/forme.

Si la fin du XXe siècle présente un épuisement de la composition architecturale en plan (Besson, 2009 ; Lucan, 2009), l’article montre que son équivalent en volume, l’addition de parties par empilement ou équilibre (Siza, Piano) a été renouvelée par une conception en maquettes basée sur la perception et l’expérience (Zumthor, Fujimoto). Se sont aussi développées des manières de concevoir issues d’opérations élémentaires de soustraction (Koolhaas, Herzog-de Meuron), de moulage (Aires Mateus, Kerez) et de pliage (UNStudio, MVRDV), produisant une forme résultant de manipulations.

Ainsi, l’article montre comment le geste et la matière à l’origine de la conception, engendrent l’itinération d’un processus manuel, remplaçant les itérations du projet et l’emprise séculaire de la vision.

Influences du matériau de la maquette sur la conception du rapport espace/forme
Par Christel Marchiaro.

Dans La plastique dans la conception architecturale, Actes du colloque. Sous la direction de Laurent Reynès.
Édité par les Éditions Universitaires Européennes, Sarrebruck, 2020, 108p. ISBN : 978-620-2-53438-3

Résumé :

Pline l’ancien (env. 77) décrit la plastique comme l’art de modeler du potier de terre, de donner forme à la matière. Par extension, les hommes modelèrent des figures, puis des modèles de figures : Lysistrate de Sicyone « imagina, pour les statues, d’en faire le modèle ; et cette idée eu tant de vogue, qu’on ne fit ni figure ni statue sans un modèle en argile. » Plus tard, quand la ductilité de la terre croisa le disegno anticipatoire (Basbous, 2005), les statuaires esquissèrent leurs œuvres avec des bozzetti (Marchiaro, 2018). Aujourd’hui encore, une maquette d’édifice se dit plastico en italien.  Bien avant le choix des matériaux de l’édifice à venir, l’architecte, s’il projette en maquette, est déjà confronté à la mise en ordre de la matière dans l’espace. Or, s’il semble évident qu’on ne projette pas le même espace ou la même forme, avec de l’argile, du carton ou du plâtre, encore faut-il le montrer. Finalement, je re-questionne l’influence du mode de représentation sur la conception (Lotz, 1977, Evans, 1986, Lucan, 2004, Brothers, 2008, Amaldi, 2018), ici, de l’influence du matériau sur la maquette et de celle-ci sur le projet.

Dialogue entre Matthieu Duperrex et Bruno Latour

https://www.youtube.com/embed/UjZaBSX47Vw

La manufacture d’idées

La « zone critique » est la mince pellicule superficielle de la Terre où l’eau, le sol, le sous-sol et le monde du vivant interagissent. Retrouvez le dialogue final de La Manufacture d’idées 2020 entre Bruno Latour et Matthieu Duperrex sur le projet « Zones critiques », qui regroupe des artistes, des designers, des scientifiques et des militants pour établir une cartographie de la multitude des Terres et répondre au « nouveau régime climatique », un concept forgé par Bruno Latour décrivant la situation de tous les organismes vivants sur la planète.

Habiter les vacances. Architectures et urbanisme des Trente Glorieuses sur le littoral du Var.
Par Pascale Bartoli.

Édité par les Éditions Imbernon, Marseille, 2020, 224p. ISBN : 978-2-91923-027-3

Habiter les vacances. Architectures et urbanisme des Trente Glorieuses sur le littoral du Var.
Habiter les vacances. Architectures et urbanisme des Trente Glorieuses sur le littoral du Var.

Cet ouvrage s’appuie sur un inventaire raisonné des cités de vacances réalisées durant la période des Trente Glorieuses dans le Var.

À partir d’une analyse conduite à différentes échelles : urbanisme territorial, logiques des plans de masse, typologies des logements et aménagements intérieurs ; il aborde un large ensemble de thèmes comme : les stratégies de préservation des paysages, engagée depuis les années 1920 avec le Plan Prost pour le littoral ; les traditions et évolutions des montages financiers et juridiques des projets balnéaires ; et enfin la vision idéalisée des villages de vacances en écho à la construction d’un nouvel imaginaire des vacances propre aux Trente Glorieuses, le « vivre dehors » et une dimension d’utopie communautaire affirmée.

L’ouvrage se propose aussi de montrer les modalités et la valeur du transfert de ces expériences qualitatives vers des opérations de logements ordinaires..

Pascale Bartoli : architecte marseillaise née en 1976 à Toulon (Var), diplômée de l’École Nationale supérieure d’Architecture de Marseille en 2000 et docteur en architecture en 2014. Sa formation évolue autour de l’histoire de l’architecture du XXe siècle, de l’étude des mutations urbaines et territoriales et de l’approche opérationnelle du projet. Après une expérience professionnelle variée notamment chez Rudy Ricciotti, elle crée son agence en 2006 en association avec Thierry Lombardi. Elle concilie une activité d’enseignement/recherches et de maîtrise d’œuvre, avec à son actif de nombreux équipements publics et privés ainsi que des villas. Ces différents terrains l’ont conduite à participer à la rédaction d’ouvrages ou l’organisation d’expositions autour du patrimoine du XXe et de l’architecture contemporaine dans notre région.

Le théâtre du Patrimoine. L’artisan, le maire et le touriste à Istanbul.
Par Muriel Girard. Préface d’Agnès Deboulet

Édité par les Presses-universitaires-François-Rabelais, collection : “Perspectives Villes et territoires”, Tours, février 2020, 330p. ISBN : 978-2-86906-730-1

Le théatre du Patrimoine. L'artisan, le maire et le touriste à Istanbul.
Le théâtre du Patrimoine. L’artisan, le maire et le touriste à Istanbul.

Quel rapport entre un artisan, un touriste et son guide, et un maire ? Tous sont des acteurs de la scène patrimoniale, dont la péninsule historique d’Istanbul constitue ici le cadre. L’étude de ce qui s’y joue, entre tourisme, pratiques artisanales et patrimonialisation, éclaire d’un jour nouveau les logiques du changement social et des mutations urbaines.
Croisant entretiens, observations, cartographie et sources écrites, les enquêtes de terrain révèlent en effet les diverses manières, parfois contradictoires, de catégoriser l’artisanat, ainsi que les multiples recompositions sociales, spatiales et identitaires qui en résultent.
Invitant les artisans, d’ordinaire silencieux, à prendre la parole, ce livre leur donne une place comme acteurs de la cité, et offre ainsi une approche originale de la fabrique du patrimoine dans la ville.

2019

Imperfection
Par Atelier Stéphane Fernandez.

Édité par Stéphane Fernandez et Building Paris, Park Books, Zürich 2019, 192p. ISBN : 978-3-03860-167-8

Park Books - Imperfection
Imperfection

French architect Stéphane Fernandez creates a “silent architecture” that invests the landscape as much as it takes shape. He is a minimalist in expression and maximalist in attention to detail. He models rough, thick and fragile monoliths by digging, by movement of bodies and the generation of tensions between masses. Fernandez articulates his work around a permanent search for materials, the accumulation of models, sketches, plans and words.

This first monograph on Stéphane Fernandez features five of his realized designs that are emblematic for his approach: a childrens’ pavillion (Saint-Raphaël, 2005), a media library (Carnoux, 2007), a students’ residence and laboratory building (Banyuls-sur-Mer, 2013), a cultural center (Vertou, 2015) and a primary school (Cannes, 2018). An essay and a conversation with Stéphane Fenrandez by architectural historian Éléonore Marantz complement plans of the buildings and photographs of the five buildings by Berlin-based photographers Schnepp Renou.

Textes et conversation avec Stéphane Fernandez par Éléonore Marantz et préface de Jean-Christophe Quinton.

 Images de pensées (trois tomes 01, 02 et 03)
Avec les enseignants Jean-Michel Fradkin, Thilbault Maupoint de Vandeul et Ivry Serres
Par ENSA•Marseille, Département d’études 1 Préexistences, Axe 2 Abstraction Construction et Perception de la Matière

Ensa•Marseille, Consultables à la bibliothèque

Images de pensées 01
Images de pensées 01

Images de pensées : vous choisirez quelques références, qui illustrent, comme dans l’ouvrage “Les images des architectes” de Valerio Olgiati, ce qui pour vous est matières à penser, à pensées.
Corpus théorique : vous ferez référence à des œuvres, des ouvrages, (art, philosophie, écrits etc…) proches de vos problématiques
Éclairage critique : vous proposerez un éclairage critique de ces choix avec un texte d’environ 30 lignes
“.

La forme retenue : Ces conversation” se sont déroulées en atelier avec comme support les travaux présentés dans ces trois ouvrages.

L’intérêt et l’application des étudiants dans la restitution de ce travail nous confortent sur la pertinence de nos interrogations.
Pour la qualité de cette restitution et de ces moments d’échanges, qu’ils en soient tous ici remerciés : enseigner, c’est aussi apprendre en retour.

Merci également à Laura Marchepoil, architecte et graphiste, pour avoir su transformer un travail d’école en objet publiable.

Jean-Michel Fradkin

2018

 Razionalismo manierista milanese
Analogon(s) milanais
Par ensa•Marseille, Département “Avec l’architecture”.

Édition de l’ensa•Marseille, Marseille11.2018,100p. ISBN : 978-2-9161-5302-5

Razionalismo manierista milanese
Razionalismo manierista milanese

Le travail des architectes rationalistes maniéristes notamment sur le plan, des plans figurant des pièces fortement caractérisées, autorisait une étonnante flexibilité des partitions et évolutivité des agencements. Cette qualité des plans nous semble être une réponse appropriée et opérante aux nouvelles exigences de flexibilité du logement liées aux profondes transformations des modes d’habiter et d’occupation, observées par les sociologues depuis une vingtaine d’années. Hormis le travail sur les plans, les pièces, la commune préoccupation de ces architectes pour le dessin de façades épaisses ou encore les mises en œuvre sophistiquées des accès des immeubles à rez de chaussée, a été largement empruntée et reprise dans des productions contemporaines sans qu’en soient citées les sources. Ainsi donc, nous avons parallèlement au séminaire d’analyse, associé un atelier de projet lequel empruntant explicitement les dispositifs mis à jour par le travail d’investigation, s’est attaché à vérifier leur opérante adéquation aux modes de production courante du logement contemporain.
Cet atelier de projet constituait le test des hypothèses avancées par les travaux du séminaire, outils de « redimensionnement » et d’expérimentation des énoncés.

Nous proposions d’aborder l’exercice du projet par la réinterprétation, réinterprétation des dispositifs et mises en œuvre des édifices analysés dans le cadre du séminaire, sorte de projet – « à la manière de » –, une pédagogie rarement aussi explicite même si l’enseignement du projet dans les écoles d’architecture se fait bien souvent pour ne pas dire toujours par l’échange de références. Mais faire un projet « à la manière de », à partir d’architectures rassemblées sous l’affiche commune de maniériste, c’était un peu abyssal… c’était être maniériste, une deuxième fois ! Il s’agissait de réaliser un projet par analogie, en se nourrissant de ressemblances et s’amusant de différences. Le projet devait se nourrir d’attitudes paradoxales sur la forme de l’édifice, s’appuyant sur des types identifiés comme le palazzina, bâtiments épais et/ ou à « trous » (cours, courettes) et explorer les relations contradictoires entre structure et plan, avec par exemple la mise en œuvre de façades épaisses et plans « à pièces » dans une structure poteaux poutres. Il s’agissait aussi de s’en tenir aux conditions actuelles de la production de logements pour la reconduction et réinterprétation de types produits dans des conditions de production et contextes sociaux et politiques très différents. Les résultats sont assez surprenants.

Projet de Jérôme Guéneau et Gilles Sensini réalisé par Paul Estublier.

 Razionalismo manierista milanese
Une école maniériste dans le Milan des années 1940-1960
Par ensa•Marseille, Département “Avec l’architecture”.

Édition de l’ensa•Marseille, Marseille11.2018,150p. ISBN : 978-2-9161-5300-1

Razionalismo manierista milanese
Razionalismo manierista milanese

Le Rationalisme Maniériste suit l’apparition sur la scène architecturale italienne du rationalisme, épisode important du Mouvement Moderne mais s’ils s’en réclame, il en porte, dans le même temps la critique. Si le rationalisme italien à cherché une forme d’universalité, à l’exemple du classicisme Renaissant, le rationalisme maniériste met en crise le modèle dont il se réclame. A l’image du maniérisme du XVIe siècle qui met en crise la diffusion des modèles classiques établis en Italie dès le XVe siècle.

Le travail mené au sein de ce séminaire a été de constituer l’analyse détaillée d’un certain nombre d’édifices, production de ces architectes milanais. Cette analyse permet de rassembler un certain nombre de caractères communs      à cette production nous permettant a posteriori de la rassembler sous l’étiquette d’un mouvement critique. Il est entendu qu’aucun des architectes cités dans ces travaux n’a explicitement fait référence à cette étiquette ou à une quelconque position critique commune.

Ce séminaire entend compléter une historiographie qui a été peu ou pas faite sur cette production italienne de l’entre et après Seconde Guerre Mondiale.

Projet de Jérôme Guéneau et Gilles Sensini réalisé par Léa Coulomb.

Auguste Perret La cité de l’atome
le centre d’études nucléaires de Saclay
Par Ana bela De Araujo.

Éditions du Patrimoine, Collection “Monographies d’édifices” Paris 25.10.2018, 232p. ISBN : 978-2-7577-0556-8

Les éditions du Patrimoine
Auguste Perret — La cité de l’atome

Ce livre est l’histoire passionnante de la création du Centre d’études nucléaires de Saclay, fleuron de la recherche atomique française en même temps que modèle d’une architecture industrielle publique de prestige.
Au croisement de la science et de la politique, la recherche atomique a une histoire nécessairement complexe que l’auteur restitue avec brio, racontant les avancées des scientifiques, leurs tiraillements face aux applications possiblement militaires d’une science qu’ils préféreraient voir destinée au bien-être des populations, l’influence du second conflit mondial et des catastrophes de Nagasaki et d’Hiroshima sur la construction du Centre.
Outre cette histoire de la recherche atomique française qu’il faut nécessairement restituer pour bien comprendre les enjeux de la construction du CEA, le livre est aussi la monographie de cette dernière grande œuvre construite par Auguste Perret. Arrivé au sommet de sa carrière, Perret saisit les enjeux énormes de cette commande, rendue d’autant plus complexe que la recherche ne cesse d’évoluer et qu’il faut donc prévoir d’inévitables modifications et extensions. À cet égard, l’application par Perret de son système de trame, que ce soit pour le plan de masse de cette cité de l’atome ou pour les bâtiments eux-mêmes, trouve ici une brillante concrétisation. Il livre avec ce projet le véritable cœur du Centre, avec ses bâtiments administratifs, ses laboratoires, sa cantine et son centre d’archives mais aussi, bien sûr, tous les édifices destinés à abriter les expériences atomiques.
Ce livre est donc destiné à la fois à ceux qu’intéresse l’histoire du xxe siècle ou celle de la recherche scientifique, et à ceux, passionnés d’architecture, qui trouveront là des descriptions minutieuses des bâtiments accompagnées de très nombreux plans et dessins.

Cet ouvrage est issu d’une thèse qui a obtenu le Prix de la recherche et de la Thèse de l’Académie d’Archtecture en 2014.

Architecte DPLG (école d’architecture de Nancy) et titulaire d’un doctorat en histoire de l’art (Paris I Panthéon Sorbonne), Ana bela de Araujo est maître de conférences à  l’École nationale supérieure d’architecture   de   Marseille.   Elle   a   été   architecte-conseil   du Commissariat  à  l’énergie  atomique  de  Saclay  dans  le  cadre  de  la  réhabilitation  de  son patrimoine  du  XXe   siècle  (Auguste  Perret  et  Urbain  Cassan).  Cet  ouvrage  est  issu  de sa thèse qui a reçu en 2014 le Prix de la recherche et de la thèse de l’Académie d’architecture. En 2009, elle a publié Marie Dormoy / Auguste Perret. Correspondance. 1922-1953 aux éditions du Linteau.
Dossier de Presse

À quoi sert l’histoire de l’architecture aujourd’hui ? Sous la direction de Richard Klein, postface d’Emmanuel Laurentin. Contribution de Jean-Lucien Bonillo.

Éditions Hermann, Paris 11.04.2018, 188p. ISBN : 978-2-7056-9574-3

À quoi sert l'histoire de l'architecture aujourd'hui ?
À quoi sert l’histoire de l’architecture aujourd’hui ?

Emmanuel Laurentin, animateur de l’émission La fabrique de l’histoire sur France Culture, a publié chez Bayard en 2010 un modeste ouvrage intitulé À quoi sert l’histoire aujourd’hui ? Il a posé la question en apparence simple à des historiens qu’il a choisis parmi ses invités. Les textes rassemblés tiennent leurs promesses, sauf peut-être sur un point : la quasi-absence de contributions relevant de l’histoire de l’art ou de l’histoire de l’architecture. Deux ou trois au plus pourraient être classées dans ce genre. Si cette absence est liée aux thèmes de l’émission produite par l’animateur, dans laquelle l’art et l’architecture sont relativement peu représentés, elle ne peut manquer de nous interroger, mais également de faire naître quelques frustrations.

À quoi sert donc l’histoire de l’architecture aujourd’hui ?

Richard Klein est architecte, docteur en histoire de l’art, habilité à diriger les recherches, professeur d’histoire de l’architecture à l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille et directeur du Lacth. Il est l’auteur de très nombreux articles et de plusieurs ouvrages traitant de l’histoire de l’architecture contemporaine.

Contributions de : Jean-Lucien Bonillo : Joseph Abram, Jean-Yves Andrieux, Jean-Lucien Bonillo, Karen Bowie, Anne-Marie Châtelet, Olivier Cinqualbre, Jean-Louis Cohen, Philippe Dufieux, Alexandre Gady, Jean-Philippe Garric, Franz Graf, Corinne Jaquand, Daniel Le Couédic, François Loyer, Eléonore Marantz, Claude Massu, Antonella Mastrorilli, Catherine Maumi, Jean-Baptiste Minnaert, Eric Monin, Gilles Ragot, Frédéric Seitz, Simon Texier, Estelle Thibault, Yannis Tsiomis, Thierry Verdier, Jean-Claude Vigato, Danièle Voldman.

Les années 68 et la formations des architectes, Sous la direction de Caroline Maniaque, préface de Guy Amsellem. Contribution de Christel Marchiaro.

Éditions Point de vues et ATE ( architecture – territoire – environnement), Rouen 15.05.2018, 320p. ISBN : 978-2-37195-023-8

Les années 68 et la formations des architectes
Les années 68 et la formations des architectes

La question liminaire de cet ouvrage pourrait être celle-ci : comment l’enseignement architectural a-t-il évolué entre 1965 et 1975, face aux nombreuses critiques et réflexions dont il faisait l’objet ?
La formation à l’École des beaux-arts à Paris était alors considérée comme trop centrée sur la forme et pas assez attentive à la pratique constructive, aux habitants, aux sites, aux aspects climatiques et environnementaux. Les recherches récentes nuancent cependant ces jugements.
Cet ouvrage se focalise sur les méthodes de la pédagogie. Il considère tant les expériences déjà présentes avant 1968, que leur développement dans les unités pédagogiques construites à partir de la fin des années 1960, cela jusqu’au moment où ces unités pédagogiques sont renommées Écoles d’architecture en 1986.

Contribution de Christel Marchiaro : “Maquette et transmission du projet : le cas de l’espace moderne du Groupe UNO
L’article interroge l’introduction de la maquette dans l’enseignement de l’architecture post-68, celui du projet architectural et celui de l’analyse.
Après les pochés et lavis des Beaux-Arts, le dessin est rejeté, voire le projet lui-même. Pourtant, le groupe UNO, à l’origine d’un enseignement du projet exemplaire parmi ceux élaborés entre 1968 et 1989, car maîtrisé grâce à la constitution d’un savoir et d’une méthode issus de la recherche, pose au centre de sa pédagogie la (re-)présentation, notamment l’axonométrie, puis la perspective, complétée par la maquette. Alors que dans la pratique professionnelle, depuis les années 1920, la maquette a vu son utilisation sous diverses formes aller grandissant, elle est restée majoritairement absente de l’école jusqu’en 1968. Chez UNO, elle va devenir essentielle pour transmettre l’espace moderne.
Mais quel renouvellement de connaissances permet-elle ? Dans le modèle pédagogique savoirs/mode de transmission/pratique, qu’est-ce que la maquette, posée comme mode de transmission, permet d’acquérir comme savoirs théoriques et pratiques et comme compétences ?
L’article montre comment la maquette, en situation pédagogique, permet à l’étudiant d’expérimenter les qualités de l’espace réel et comment le carton entre en résonance avec la conception et la représentation de l’espace moderne.
Sont convoqués : témoignages et écrits, par et sur le groupe UNO et surtout, les travaux des étudiants.

Ce livre, réunissant les actes des colloques sur l’enseignement de l’architecture autour de 68, accompagne l’exposition : Mai 68. L’architecture aussi !, commissariat scientifique Caroline Maniaque, Eléonore Marantz, Jean-Louis Violeau, à la Cité de l’architecture et du patrimoine, du 15 mai au 15 septembre 2018.

Turkish Cultural Policies in a Global World, Muriel Girard, Jean-François Polo et Clémence Scalbert Yücel.

Éditions Palgrave McMillan, 2018, 264p. ISBN : 978-3-319-63658-0

Turkish Cultural Policies in a Global World
Turkish Cultural Policies in a Global World

Ce livre est issu du groupe de travail sur les politiques culturelles de l’ANR Transfaire « Matière à transfaire. Espaces-temps d’une globalisation (post-) ottomane » (CETOBAC, UMR 8032, EHESS-CNRS-Collège de France / Institut français des études anatoliennes/IFEA – USR 3131 MAE-CNRS, Istanbul)

This book provides a multidisciplinary analysis of the production of Turkish cultural policies in the context of globalization and of the circulation of knowledge and practices. Focusing on circulations, the book proposes an innovative approach to the transfer of cultural policies, considering them in terms of co-production and synchrony. This argument is developed through an examination of circulations at the international, national, and local levels; employing original empirical data and case study analyses.
Divided into three parts the book first examines the Kemalist legacy, before turning to the cultural policies developed under the AKP’s leadership, and concludes by investigating the production of cultural policies in the outlying regions of Turkey. The authors shed new light on the particular importance of culture to the understanding of the societal upheavals in contemporary Turkey. By considering exchanges as circulations rather than one-way impositions, this book also advances our understanding of how territories are (re)defined by culture and makes a significant contribution to the interrogation of the concept of “Westernization”.
This book brings into clear focus the reconfigurations currently taking place in Turkish cultural policy, demonstrating that while they are driven by the ruling party, they are also the work of civil society actors. It convincingly argues that an authoritarian turn need not necessarily spell the end of the cultural scene, and highlights the innovative adaptations and resistance strategies used in this context. This book will appeal to students and scholars of public policy, sociology and cultural studies.

Michel-Ange n’est pas un grand architecte : des maquettes en argile à la conception du rapport espace/forme sculpté, Christel Marchiaro.

fabricA 11, 23 février 2018, p74. Revue Versailles, LéaV, 2018 ISSN 2104-2845

Michel-Ange n’est pas un grand architecte
Michel-Ange n’est pas un grand architecte

Michel-Ange s’est toujours dit sculpteur. Néanmoins, il pratiquait le disegno en peinture, sculpture et architecture, en témoignent ses esquisses, traces des itérations du projet. Il concevait architecture, comme sculpture, en maquettes d’argile. Aucune de celles des projets d’édifices n’a survécu.

La Biblioteca Medicea Laurenziana est le premier bâtiment de Michel-Ange ne comportant pas de sculpture et pour lequel il existe des traces de conception en maquettes d’argile. Aussi, pour essayer de comprendre la conception du ricetto, j’ai voulu refaire ces maquettes en terre. Ceci nécessitait de réunir plans et coupes et de décider d’une échelle.

Les études sur le vestibule sont illustrées de divers documents, parfois de la restitution d’un plan et/ou d’une coupe, des géométraux originaux de l’état projeté final n’existant pas. Un ensemble plan-coupe revient dans les écrits des commentateurs (Geymüller, 1904 ; Wittkower, 1934 ; Ackerman, 1961 ; Argan, 1990 ; Brothers, 2012). Or, ces documents sont faux, en particulier la coupe montrant l’escalier telle une masse accrochée à la paroi entre ricetto et salle de lecture. Les portes de part et d’autre sous le palier haut ont disparu. Leur oubli aurait-t-il pu entraîner une interprétation erronée ?

Pourtant, Michel-Ange souhaitait que la base du mur sous l’escalier reste libre. De plus, un relevé montre un passage entre le ricetto et l’étage des convers. Pouvoir passer sous l’escalier ou en déboucher, change singulièrement la pratique et donc, la perception du vestibule.

Jusqu’ici, les historiens ont tenté de mettre en lumière sa genèse en se basant sur les dessins arrivés jusqu’à nous. Or, le processus de conception n’est visible et compréhensible, qu’à travers l’ensemble des représentations qu’en a fait l’auteur. Les maquettes, bien que disparues, ne peuvent être ignorées.

L’article montre que Michel-Ange ne possédait ni les méthodes, ni les savoirs des architectes. Ainsi, son architecture serait le produit de sa pratique de sculpteur, en particulier de sa manière de concevoir à l’aide de bozzetti, induisant une conception particulière de la forme et de l’espace, que l’on retrouverait dans l’ensemble de ses projets.

2017

Mémoires et Patrimoines, des revendications aux conflits, Sous la direction de Céline Barrère, Grégory Busquet, Adriana Diaconu, Muriel Girard, Ioana Iosa.

Éditions l’Harmattan, Paris, Collection Habitat et sociétés, 2017, 383p. ISBN : 978-2-343-13331-7

Mémoires et Patrimoines
Mémoires et Patrimoines

Ouvrage issu des cycles de rencontres, qui se sont déroulées en juin 2011 à la MSH de Paris Nord, en décembre 2011 à l’ENSA Paris Val-de-Seine, en novembre 2012 à New Europe College à Bucarest en Roumanie et en octobre 2013 à l’ENSA-Marseille, et du colloque international tenu en décembre 2014 à L’ENSA Paris Val-de-Seine.

Cet ouvrage propose une réflexion sur les revendications, les contestations et les conflits, qui participent à la fabrication contemporaine du patrimoine. Cette entrée introduit au cœur de la réflexion la compréhension du patrimoine comme construction sociale, liée à un contexte temporel et géographique spécifique, et surtout à une configuration sociale qui le crée. Le patrimoine ne sera pas considéré comme existant a priori, mais en tant qu’objet de revendication.

Les auteurs sont enseignants-chercheurs en sociologie et urbanisme : Céline Barrère à l’ENSAP-Lille ; Grégory Busquet à l’Université de Paris-Nanterre, Adriana Diaconu à l’Université Grenoble Alpes, Institut d’urbanisme et de géographie alpine ; Muriel Girard à l’ENSA-Marseille et Ioana Iosa à l’ENSA Paris La Villette.

2010

Construire ailleurs, Sous la direction de Céline Barrère, Grégory Busquet, Adriana Diaconu, Muriel Girard,Tyin et Anna Heringer, préface de Florence Sarano.

Archibooks,  2010, 93p. ISBN : 978-2-35733-088-7

Construire ailleurs
Construire ailleurs

Là-bas, où construire c’est s’attaquer à trouver des solutions pour une population dont les besoins élémentaires de survie sont si fragilisés. Là-bas, où les enjeux architecturaux nécessitent d’aller au-delà de notre quotidien confortable. Ici, durant leurs études, ce sont des jeunes gens qui se sont engagés pour partir étudiants et en revenir architectes. Là-bas, imaginer autrement c’est aussi créer une esthétique différente : celle de la sensualité de la terre rouge, de l’ombre des bambous, de la courbe du pneu coupé en deux et qui devient gouttière, de l’empreinte des mains qui ont construit généreusement ce mur si charnel. Ensemble, bâtir une énergie commune qui dépasse ce que les langages séparent : vouloir construire l’espace de l’altérité.

1994

Le port moderne de Marseille : Du dock au conteneur (1844-1974), René Borruey.

Chambre de Commerce et d’Industrie Marseille-Provence, Marseille, Collection
Histoire du commerce et de l’industrie de Marseille XIXe-XXe siècles, 1994, 444p. ISBN : 2-900732-09-3

Le port moderne de Marseille : Du dock au conteneur (1844-1974)
Le port moderne de Marseille : Du dock au conteneur (1844-1974)
1991

Marseille, ville & port, Jean-Lucien Bonillo (dir.), René Borruey, Jean-Denis Espinas, Antoine Picon.

Éditions Parenthèses, Marseille, 1991, 221p. ISBN : 2-86364-090-9

Marseille, ville & port
Marseille, ville & port

Marseille, cité fameuse dans cette catégorie générique des villes portuaires, découvre que les transformations urbaines des XIXe et XXe siècles auront conduit à une mise à distance progressive, jusqu’à la séparation et au divorce, de la ville et du port. Comme les autres métropoles portuaires, elle envisage de repenser, de reconstruire son rapport à la mer.