productions étudiantes

Retours d’expériences

Master DE4 Bien Vivre • Workshop au Gabion • novembre 2021

Certains étudiants du Master DE4 Bien Vivre de l’atelier de projet d’Antoine Kilian, 2 Compagnons du Devoir participant au projet Gumi et une étudiante en Biologie se sont dirigés à Embrun pour un workshop au Gabion du Jeudi 11 au 14 Novembre 2021. Afin d’y apprendre les bases de la construction en terre avec Laurent, Myrtille et Nastasia, les formateurs de cette discipline.

Cet article, écrit par deux étudiants, Romain Chauvin et Erika Fajardo tente un retour par l’écriture sur leur séjour à travers différents points : le travail de la terre, les visites et les expériences sociales.

Travail de la Terre

Travail sensible :

La première étape de ce stage aura été d’appréhender la matière sous toutes ses formes (terre sèche, liquide, plastique…) par les sens de notre corps : toucher, observer, sentir, écouter et goûter. Il s’agit, ici, de comprendre la terre par ses qualités et ses défauts. Pour cela, plusieurs expériences ont suivi : la pastille, le cigare et la bouteille. Ils permettent de savoir si une terre est argileuse ou non, sa granulométrie et sédimentation, sa rigidité…

Ce travail sensible nous aura été bénéfique pour débuter le travail de la terre pour mieux comprendre leurs spécificités de mise en œuvre ou non. Cette introduction en la matière, nous permet de continuer sur les tests.

Tests :

Par la suite, plusieurs expériences plus poussées ont été réalisé. Celles-ci permettent de trouver les différents stades de la matière : liquide, visqueux, plastique et humide à travers 3 mises en œuvres : verser, tasser et compacter. Ces résultats ont été présenté sous forme d’un tableau pour les types de terres utilisées.

Cette expérience nous aura permis de trouver le point protor qui détermine la teneur en eau nécessaire pour obtenir la meilleure consistance de la terre afin de la mettre en œuvre dans une construction.

Techniques constructives en terre

Une grande variété de techniques constructives en terre existe et toutes n’auront pas été vu durant ce stage. Cependant, elles nous offrent une bonne base de compréhension du matériau. Durant ce stage, les différentes étapes de mises en œuvres de la terre auront été essentiels, c’est-à-dire que nous débutions par extraire ou récupérer les matériaux (sables 0-4, sable 0-10, terre du gabion et parfois du ciment ou de la chaux).

La première technique constructive aura été un mur en BTC (Brique Terre Comprimé). Il fallait commencer par créer la brique en compressant la matière que nous avions fabriqué dans une bétonnière. Une fois l’apprentissage de la réalisation d’une brique faite, il s’agissait de la mettre en œuvre sur un mur avec un mortier fait aussi sur place.

La seconde est un mur en pisé. Il est fait à partir de la matière que l’on utilise pour les BTC. Le principe de mise en œuvre consiste en un coffrage relié par des tiges. La terre modifiée est versé sur 12cm et grâce à un pisé, nous venons tasser, au début doucement, puis de plus en plus fort afin d’arriver à 7cm environ. Cette opération se répète à l’identique sur toute la hauteur du mur. Nous nous sommes amusés à faire des tests de pigmentation en dégradé sur le mur pour mieux comprendre la matière.

Les deux techniques suivantes apprises, se basaient sur le même principe : un mélange terre, eau et paille mélangé avec les pieds comme le faisaient les paysans dans le passé. Cependant la mise en œuvre est différente. L’une permet le torchis (boudins entrelacés sur une structure bois), et l’autre permet de réaliser un adobe de terre (brique faites mains sans l’intervention de la machine grâce à une grille).

La dernière technique vue est une isolation en terre-paille. Pareil aux autres techniques, nous avons puisé la matière première pour la tamiser et extraire seulement la granulométrie souhaitée afin de mélanger dans la bétonnière. La mixture obtenue devait répondre au test du gant. Nous avons rempli un récipient avec la mixture et la paille. La paille est ensuite sortie et séchée pour être inséré dans une ossature bois déjà prête.

Cette expérience nous a permis de comprendre tout la diversité de mise en œuvre de la terre et que chaque terre et chaque technique a sa propre recette à collecter ou découvrir en fonction du lieu de construction. Aussi, nous trouvons dommage que la construction en terre ne soit pas plus utilisé car il permet de grandes choses : régulation d’humidité, phonique, odorante, inertie thermique, structurel, et sa qualité de réemploi.

Visites

En complément de ce stage trois visites nous ont été permise.

La première est la visite du Loubatas qui s’est réalisé en tout début du séjour. Nous avons pu découvrir différents modes constructifs écologiques avec la terre, ce qui a permis une bonne introduction dans ce domaine.

La seconde, l’Abbaye Boscodon, est représentative d’une construction historique en pierre et bois local. Cette sortie marquante par la richesse du guide menuisier Richard Lacortiglia nous aura été bénéfique quant aux techniques traditionnelles. En effet, il nous aura parlé de l’extraction, de la mise en œuvre des différents matériaux, des outils et de détails structurels comme le bardeau et sa perte de savoir-faire analysée par la déformation du bois et des clous.

La visite ayant clôturé notre périple est le Fort de Mont Dauphin. Cette grande infrastructure défensive inventée par Vauban est très impressionnante, de part l’idée d’anticiper des attaques ennemis grâce à la communication car le Fort est situé entre trois villes. De plus, sa supériorité défensive permet une dissuasion ralentissant les troupes ennemis tout en attendant les renforts. En effet, cet architecte utilise les falaises, les matériaux et son environnement pour se défendre. Le guide qui était extraordinaire pour son savoir sur le Fort, nous a fait découvrir tous les aspects constructifs (provenance des matériaux, composition de l’espace avec le village, l’église non fini, la poudrière, les logements des soldats…) ainsi que défensifs (plateau entouré de falaises, murs, fosses, tunnels pour contourner l’ennemi, défenses en plusieurs temps pour permettre le retrait…). Au niveau architectural, la charpente de Philibert Delorme, qui est une prouesse technique du XVIème siècle, nous a été fait visité. Celle-ci part de l’idée d’assembler plusieurs petits éléments de bois qui viennent créer une voûte.

Ces visites nous ont apportées techniques, savoir-faire, connaissances des matériaux, du terroir, et de stratégies de composition. Ce fut très attrayant et intéressant grâce aux guides incroyables que nous avons eu qui sont passionnés par leur culture patrimoniale.

Expérience sociale

Comment dire… On a bien mangé ! On a bien rigolé ! On a bien profité ! On a adoré le paysage ! On a bien travaillé ! On aime la terre ! Et on vit la terre ! Plus sérieusement, ce fut une expérience très enrichissante tant au point de vue apprentissage que social. Ce séjour a été un moment de découverte du groupe qui se retrouve aujourd’hui plus soudé, uni et qui s’entraide dans les tâches à accomplir que ce soit pour le travail de la terre ou les tâches ménagères.

Pour conclure cet article, nous aimerions remercier les différents intervenants, participants et Antoine Kilian et l’ensa•m qui nous ont permis de réaliser cette expérience incroyable et nous espérons que cet article donnera envie à d’autres personnes de vivre ces moments-là.

Éditions des étudiants de l’ensa•marseille

Le carnet 2D

Livret de jeux et défis élaboré par le CAUE du Var .

Voir la page sur le site du CAUE du Var

Le carnet 2D
Le carnet 2D

 

Parenthèse Architecturale 9 mars 2015

Mezza Magazine

Proposé par 5 étudiants de l’école avec le soutien de l’association [HUM!]. trois numéro parus sur le site issuu  en 2019-2020.

Vous pouvez contribuer au développement de ce projet avec une cagnotte en ligne : https://www.leetchi.com/fr/c/wM6Zp1K5

Cogitatio — La Pensée

Elle parle de la pensée de l’architecture, pas seulement de sa construction et de sa définition objective. La revue parle de l’architecture comme cosa mentale, d’édifications comme fruits d’une réflexion théorique, d’une pensée constructive.