Urbanisme mimétique

Le trottoir comme préfiguration d'une ville intuitive • Rencontre avec Doung Anwar Jahangeer

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Les recherches de Doung Jahangeer, sur le sol sud-africain, soutiennent que l'idée d'une initiative « novatrice » en matière d'urbanisme exige de mettre au jour les pratiques et attitudes alternatives existantes dans la poursuite de la justice spatiale (Soja 2010).

A propos de Doung Anwar Jahangeer

Doung Anwar Jahangeer  est architecte, artiste et docteur en philosophie, de nationalité mauricienne. Il travaille et réside à Durban en Afrique du Sud. En 2002, il fait la rencontre du collectif Les Pas Perdus et devient un des guides inspirés de Mari Mira à l’occasion des expositions dans l’espace public à Durban et à Johannesburg en 2002 à l’occasion du 1er Sommet Mondial du Développement Durable qui a eu lieu en Afrique du Sud.  
Doung met en œuvre « The City Walk » à Durban, puis à Johannesburg, Londres, Malmo en Suède.
En 2004, il commence un nouveau projet : « Streetlights initiative » avec la communauté des enfants des rues de Hilbrow (Johannesburg) sous la forme d’intervention dans des espaces publiques stratégiques des quartiers déshérités de Johannesburg. Doung a aussi participé à des expositions en collaboration avec d’autres artistes locaux ou internationaux.
En 2023, il soutient une thèse : Territoires en mutation - vers une méthodologie pour une approche créative et émancipatrice de la création de biotopes, le rôle des magasins Spaza à Cornubia, Blackburn, Kwa Zulu Natal. Il enseigne la philosophie au sein du département architecture, à la Durban University of Technologie.

A propos de Mari-Mira, manifeste d'un art de vivre

A l’intersection des horizons lointains et de nos actions sur le territoire marseillais et avignonnais, l’implantation du village de Mari-Mira, constitue une expérience inédite dans les écoles d’arts. Les modules conçus à partir de 1994 avec des habitants de l’Île Maurice, d’Afrique du Sud, des Îles Fidji, de Camargue, de Marseille ou des rives du canal de l’Ourcq, permettent de partager savoir-faire et expressions des cultures autochtones.
Il s’agit aussi de croiser les compétences des artistes, des conservateurs-restaurateurs, des métiers de la construction.
Comme les auto-constructions de nos voisins manouches et tziganes, les matériaux et méthodes utilisés dans les "townships" de Durban ou les "cités tôles" de Port Louis, sont souvent à l'avant garde des comportements écologiques tout en ne correspondant pas toujours aux normes environnementales des pays riches.
Avant tout, ils témoignent d’une économie de moyens, d’un art du réemploi et d’une rêverie luxueuse créée avec les choses de peu. À l’ESAA, là où se trouvaient des parkings sous-utilisés, s’ouvre la possibilité de restaurer et de poursuivre une oeuvre multiforme, connectant les pratiques enseignées à l’école d’art à des témoignages vivants, traversant de manière critique les représentations coloniales, l’apartheid, l’exotisme, les arts des groupes sociaux minorés.
(Cyril Jarton, Enseignant chercheur ESAAvignon)