Balade architecturale au cœur du centre-ville de Marseille
Une lecture du formes urbaines traditionnelles du centre-ville guidée par les auteurs de L’Atlas architectural de Marseille
Évènements
Samedi 19 septembre 2026 à 10h00
L’hypothèse de constitution d’un Atlas des formes urbaines marseillaises, dont résulte cette publication, est un projet de recherche mené dans le cadre du laboratoire INAMA à l’école d’architecture de Marseille dans les décennies 1980-1990. Cette ambition s’est inscrite dans un vaste chantier collectif, actif tant au niveau national – le réseau « Atlas des Formes Urbaines » des écoles d’Architecture – qu’à l’échelle internationale. Abordant la question sous un angle spécifique et embrassant une large période, l’Atlas visait dès son origine la réalisation de trois chapitres complémentaires : L’analyse spatiale des types vernaculaires, l’histoire morphologique de la croissance urbaine, la restitution des projets urbains et d’urbanisme non réalisés.
Cette ambition d’une sorte d’histoire totale du construit, couvrant le passage de la période moderne à la séquence contemporaine, s’est, de fait, limitée au fil du temps à un schéma plus réaliste.
La publication inédite que nous proposons ici est centrée sur l’ensemble cohérent des types traditionnels consacrés par les traditions constructives et sociales, regroupant les programmes de l’habitat, du travail, des loisirs : le « 3 fenêtres », la bastide, le cabanon, le domaine...
Ils sont analysés en tant que séries typologiques, mettant en évidence leurs évolutions ainsi que leurs régularités et leurs variations. Ce développement est complété par une introduction sur leurs contextes historiques d’inscription, les règles et logiques de production des formes urbaines dont ces types constituent des éléments de base génériques. Empruntée aux recherches pionnières italiennes, la formule « typo-morphologie » résume bien ce rapport nécessaire et « dialectique » entre immeubles et parcellaires d’une part et tissus et trames viaires d’autre part.
Le terme Atlas désigne clairement la voie méthodologique qui a été suivie, celle d’une ville qu’il fallait redessiner pour comprendre. En résulte la production originale, pour chaque type, de dessins analytiques assortis d’un texte où le commentaire sur la logique des formes dialogue, sur un mode interdisciplinaire, avec l’approche historique et ethnographique.
Le contexte actuel enfin nous paraît particulièrement propice à une telle publication. En effet, il aura fallu la triste circonstance de l’effondrement de deux immeubles de la rue d’Aubagne pour nous rappeler qu’à Marseille la ville a toujours été l’objet de démolitions, délibérément, sous couvert d’obsolescence et d’inadaptation. Un processus qui résonne comme l’héritage d’une culture portuaire de la table rase, qui s’est toujours initié et justifié par la dépréciation des formes bâties héritées, souvent au prétexte des qualités de leur site naturel d’inscription.
À l’inverse, notre analyse fait l’éloge des qualités des formes architecturales propres à la localité. Elle ne néglige pas pour autant les hybridations avec des types exogènes – l’hôtel particulier, le dock-entrepôt, l’immeuble de rapport haussmannien, les HBM – tout en mettant en évidence une forme de permanence des « solutions » marseillaises, architecturales et urbaines, de la fin du XVIIe siècle à l’orée du XXe siècle, et cela sur toute l’emprise de la ville dense et continue.
Architecte de formation, membre de l’Académie d’Architecture, Jean-Lucien Bonillo a consacré sa carrière à la recherche et à l’enseignement à l’École nationale supérieure d’Architecture de Marseille. Cofondateur en 1978 et directeur du Laboratoire INAMA de 1984 à 2017, il est docteur en Histoire urbaine et aujourd’hui professeur émérite habilité à diriger des thèses de doctorat. Ses thèmes de recherche, sur lesquels il a publié abondamment et organisé de nombreuses expositions et rencontres, portent à la fois sur l’histoire et l’actualité des mutations urbaines et des projets urbains, ainsi que l’histoire architecturale des XIXe et XXe siècles : doctrines relatives à l’architecture méditerranéenne, histoire des architectes et des architectures des Trente Glorieuses, inventaires divers en région PACA, modernité critique, Reconstruction à Marseille, etc. Il est en outre à l’origine de liens durables entre le champ de l’architecture et le monde académique de l’Université (membre associé de l’UMR TELEMME, MMSH), et il est éditeur d’ouvrages d’art et d’architecture (Éditions Imbernon).
Architecte de formation, René Borruey est chercheur et enseignant de métiers depuis les années 1980 à l’École nationale supérieure d’Architecture de Marseille. Docteur en Histoire (EHESS, 1997) et habilité à diriger des thèses de doctorat en urbanisme et aménagement (MMSH, 2017), il est aujourd’hui professeur en Histoire et cultures architecturales et directeur du Laboratoire INAMA jusqu'en 2025. Ses enseignements portent sur l’histoire de l’architecture de la ville et des territoires du Moyen-Âge à l’Epoque contemporaine. Ses axes de recherche s’inscrivent davantage dans le champ des études urbaines et territoriales historiques et morphologiques. Une part importante de ses travaux porte sur le cas de Marseille et de sa région métropolitaine : rapports entre ville et infrastructures (portuaires et viaires), histoire urbanistique de la grande ville et des villes nouvelles, construction métropolitaine, rapports entre experts et politiques, constitutions d’atlas urbains et suburbains, approches morpho-historique des communes périurbaines.
Architecte de formation et de métier, Jean-Marc Chancel a commencé sa carrière comme cofondateur et chercheur du Laboratoire INAMA, ainsi que comme enseignant de la théorie et de la pratique du projet architectural et urbain à l’École nationale supérieure d’Architecture de Marseille, et, dans un deuxième temps, sans cesser d’enseigner, s’est consacré à son métier d’architecte bâtisseur en fondant son propre cabinet d’architecture à Marseille. Dans le domaine de la recherche ses travaux ont porté sur l’histoire de l’architecture et de la ville de Marseille au XVIIe siècle (notamment autour de la pensée et de l’œuvre de Pierre Puget), ainsi que sur la réémergence du projet urbain au sein de la discipline architecturale ; aujourd’hui à nouveau associé au Laboratoire INAMA, il se consacre à l’histoire et à la valorisation du patrimoine de l’habitat urbain préindustriel de Marseille. Dans le domaine de la construction, ses réalisations se sont notamment spécialisées dans le champ de la commande publique, en particulier dans l’architecture du domaine scolaire et éducatif.
Une lecture du formes urbaines traditionnelles du centre-ville guidée par les auteurs de L’Atlas architectural de Marseille
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